Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Complexe industriel ArcelorMittal

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Complexe industriel compagnie minière Québec Cartier
  • Usine ArcelorMittal

Région administrative :

  • Côte-Nord

Municipalité :

  • Port-Cartier

Date :

  • 1957 – 1961 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation des minéraux et fabrication de produits finis (Industries des métaux ferreux)

Éléments associés

Groupes associés (4)

Inventaires associés (1)

Description

Le complexe industriel ArcelorMittal est un important ensemble industriel spécialisé dans la transformation de minerai concentré de fer, dont les activités dans le havre de Port-Cartier ont débuté en 1957. Propriété de la multinationale ArcelorMittal depuis 2006, le complexe a été construit en différentes phases entre 1957 et 2013. Au cours de la dernière décennie, ArcelorMittal a expédié par l'intermédiaire de ses installations de Port-Cartier quelque 14,5 millions de tonnes de concentré de minerai de fer annuellement, dont la majorité sous la forme de boulettes d'oxyde de fer.

Les installations de Port-Cartier sont desservies par un chemin de fer privé appartenant à la multinationale dont la première phase de construction a été achevée à la fin de 1960. Il permet d'acheminer le minerai concentré provenant des mines de Fire Lake et de Mont-Wright à Port-Cartier. À proximité du terminus ferroviaire se trouvent des ateliers ferroviaires, agrandis au milieu des années 1970, où se fait la réparation du matériel roulant utilisé par la compagnie. Une fois acheminé, le minerai concentré est ensuite déchargé à l'aide d'un culbuteur, système qui permet de vider les trains deux wagons à la fois sans les découpler. Le concentré prend ensuite l'une de ces trois destinations : les aires d'entreposage, l'usine de bouletage et le port.

Les aires d'entreposage ont une capacité totale de 2,5 millions de tonnes de concentré et de 1,7 million de tonnes de boulettes. Afin d'en assurer la manutention,
l'entreprise dispose d'un important réseau de convoyeurs souterrains et aériens totalisant 8 kilomètres, assorti d'équipements d'empilement et de récupération : un entasseur, un gerbeur, un entasseur-gerbeur et deux chargeurs de navire.

Plus d'un tiers du concentré produit est transformé en boulettes à l'usine
de bouletage exploitée depuis 1977. Fonctionnant sur deux lignes de production, le procédé de bouletage comprend sept étapes : enrichissement, broyage, filtration, ajout d'additifs et mélange, agglomération, tamisage et cuisson. L'usine de bouletage est constituée d'un bâtiment principal, qui compte notamment huit disques d'agglomération, et d'autres équipements secondaires (installations d'enrichissement, système de convoyage, etc.).

Le port en eau profonde, creusé à même le roc, est accessible à longueur d'année et comprend cinq quais ayant une capacité d'expédition qui atteint en 2013 près de 24 millions de tonnes par année. Deux quais sont exclusivement réservés à l'expédition du concentré et des boulettes; le troisième permet de recevoir les matières premières destinées au bouletage. Les deux autres, construits en 1966 et 1967, sont loués pour le transbordement des céréales en provenance de l'Ouest canadien. Plus de 450 navires par année s'arrêtent aux installations portuaires de Port-Cartier.

En 2011, ArcelorMittal a annoncé d'importants investissements pour la construction d'une deuxième usine de bouletage au complexe de Port-Cartier et l'amélioration des équipements ferroviaires et portuaires dans le but de répondre à l'augmentation de production de concentré de fer dans le Nord. Alors que les travaux visant à améliorer les équipements ferroviaires et portuaires achèvent, le projet de la seconde usine de bouletage est en suspens (2013).

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

Après la Deuxième Guerre mondiale, le déclin des mines du lac Supérieur incite des compagnies minières américaines à prospecter les gisements de fer de la fosse du Québec-Labrador. Des explorations menées dans les années 1950 révèle le grand potentiel de la région du Nouveau-Québec, particulièrement les secteurs des lacs Jeannine et Fire, et du mont Wright.

Dans le but de mettre en valeur le minerai de fer du secteur du lac Jeannine, situé à 304 kilomètres du village Shelter Bay (incorporé en 1959 à la ville de Port-Cartier), le géant américain de la sidérurgie United States Steel Corporation fonde en 1957 une filiale sous le nom de Quebec Cartier Mining Company, francisée en 1968 sous le nom de Compagnie minière Québec Cartier.

L'aventure s'avère colossale en raison de l'éloignement et de l'absence de voies de communication. Pour ce faire, la nouvelle compagnie met en marche un programme d'exploitation minière évalué à plus de 300 millions de dollars. Elle entreprend d'abord la construction d'une route entre la ville nouvellement créée de Gagnon et la ville de Baie-Comeau. Puis, elle entame la construction d'un important port de mer en eau profonde, de la centrale hydroélectrique Hart-Jaune et d'un chemin de fer d'un peu plus de 300 kilomètres pour relier les installations minières au terminus portuaire. Le terminus de Port-Cartier intègre également des installations de chargement des navires, un culbuteur de wagons, une gare de triage et un atelier d'entretien du matériel roulant.

La compagnie opte pour dans un premier temps pour l'exploitation du secteur de Lac-Jeannine, en raison du type de formation de fer qu'on y retrouve qui se prête plus facilement aux opérations d'extraction, de concassage et de concentration. Le premier chargement expérimental de minerai à destination de Philadelphie est effectué le 5 juillet 1961.

En 1970, dans le but de répondre à la demande croissante du marché et afin de palier l'épuisement imminent de la mine Lac-Jeannine, la Compagnie Québec Cartier annonce la mise en valeur du gisement du mont Wright. Ce projet entraîne le prolongement de la voie ferrée existante de 138 kilomètres vers le nord, le développement d'une nouvelle mine et la construction de la ville de Fermont. C'est en 1975 que commence la production de concentré de minerai de fer aux installations de Mont-Wright. L'accroissement de la production de minerai concentré entraîne d'importantes modifications aux installations de chargement du terminus de Port-Cartier.

En 1975, la Compagnie minière Québec Cartier s'associe à Sidbec, propriétaire d'une aciérie à Contrecoeur, et à la British Steel Corporation pour créer Sidbec-Normines. Cette dernière est mandatée pour exploiter nouvelle usine de bouletage de Port-Cartier pour son gisement du lac Fire. Plus de 2 500 ouvriers participent à la construction de l'usine. Conçue initialement pour une production annuelle de 6 millions de tonnes de boulettes, l'expertise des employés et les nouvelles technologies ont permis d'en hausser la capacité à plus de 9 millions de tonnes annuellement. La première cuisson de boulettes marque le début de la production le 29 novembre 1977.

Les conditions difficiles du marché de l'acier, qui sévissent entre 1979 et 1984, affectent grandement la Compagnie minière Québec Cartier. Elles entraînent finalement la fermeture en 1985 de la ville de Gagnon et de la mine Fire Lake, ouverte vers 1977.

En 1989, la United States Steel Corporation vend la Compagnie minière Québec Cartier à un consortium détenu à 50 % par l'aciérie canadienne Dofasco. Cette dernière rachètera en 2005 les actions des autres partenaires financiers. En juin 2006, Mittal acquiert Arcelor S.A., alors numéro mondial de l'acier, quelques mois après Arcelor ait racheté la majorité des actions de Dofasco. Depuis, la multinationale a effectué plusieurs investissements visant à améliorer les installations portuaires et ferroviaires de Port-Cartier.

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Emplacement

Region administrative :

  • Côte-Nord

MRC :

  • Sept-Rivières

Municipalité :

  • Port-Cartier

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Références

Notices bibliographiques :

  • Compagnie minière Québec Cartier. La Compagnie minière Québec Cartier = Quebec Cartier Mining Company. Port-Cartier, La Compagnie minière Québec Cartier, 1976. 31 p.
  • FRENETTE, Pierre, dir. Histoire de la Côte-Nord. Les Régions du Québec. Québec, Institut québécois de la recherche sur la culture: Presses de l'Université Laval, 1996. 667 p.
  • LÉVESQUE, Gilles. Étude géographique des activités industrielles de la compagnie minière Québec Cartier. Université Laval, 1971. 79 p.
  • LÉVESQUE, Joanne. La Compagnie minière Québec Cartier. Port-Cartier, La Compagnie minière Québec Cartier, 2007. 123 p.
  • s.a. ArcelorMittal [En Ligne]. http://corporate.arcelormittal.com/

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