Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Usine Macdonald Tobacco

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Usine JTI-Macdonald Inc.
  • Usine RJR-Macdonald Inc.

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1874 – 1876 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Fabriques de produits du tabac)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (4)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'usine Macdonald Tobacco est un ensemble industriel fabriquant divers produits du tabac et dont les activités ont débuté en 1876. L'ensemble occupe tout le quadrilatère formé par les rues Ontario Est, d'Iberville, Larivière et Dufresne (à l'est de l'arrondissement Ville-Marie). Il est constitué du bâtiment d'origine en brique, rue Ontario et de bâtiments moins intéressants aux façades aveugles et aux murs recouverts de plaques de métal ondulé qui se situent à l'arrière de l'édifice principal. Aujourd'hui, le complexe est constitué d'une vingtaine d'édifices et on peut noter le passage de la ligne de chemin de fer en arrière du site.

La partie d'origine est constituée d'un seul volume rectangulaire, en brique rouge, aujourd'hui recouverte de plaques d'aluminium de la même couleur. Elle mesure 81,6 mètres de long en façade (rue Ontario), 38,7 mètres pour la façade latérale ouest et 41,7 mètres sur la façade le long de la rue d'Iberville. L'édifice est composé d'un sous-sol en pierre (également recouvert aujourd'hui), d'un rez-de-chaussée exhaussé et de trois étages, le tout étant couronné d'une toiture plate culminant à 26,6 mètres au-dessus de la rue.

Les façades sont rythmées par la symétrie et la régularité des fenêtres et des pilastres, dans un style d'inspiration néo-renaissance. La façade s'articule autour de la tour carrée centrale, en saillie du bâtiment, qui abrite les escaliers intérieurs. Seule partie dont la façade d'origine en brique est encore apparente, elle montre un certain raffinement architectural et permet d'observer les détails décoratifs disparus sur le reste de la façade tels que la corniche et la frise en brique jaune.

Les quatre façades de la tour sont chacune agrémentées d'une horloge de 1,80 mètre de diamètre, située au dessus de trois fenêtres élancées et cintrées. L'ensemble est couronné d'une balustrade et la tour met en valeur l'entrée de l'usine, en pierre grise de Montréal et surmontée d'un arc surbaissé mouluré.

La façade de la rue Ontario est composée de manière symétrique de part est d'autre de la tour en cinq séries de deux travées de fenêtres, les groupes de deux travées étant séparés par des pilastres. La façade ouest est constituée de six groupes de deux travées et la façade rue d'Iberville lui est identique, à la différence de sa dernière série de fenêtres, constituée de trois travées.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

D'origine écossaise, Sir William Christopher Macdonald (1831-1917) a vécu et travaillé à Québec et à Boston avec l'un de ses deux frères. Ensemble, ils fondent en 1858 la Macdonald Brothers and Co. Tobacco Merchants, qui prendra cinq ans plus tard le nom de W.C. Macdonald, marchand et manufacturier de tabac. À l'origine, l'a manufacture de cette compagnie est installée dans un édifice de quatre étages datant de 1758 et située dans le faubourg des Récollets, mais en 1865 un incendie ravage l'édifice qui sera reconstruit rue Water et augmenté de deux étages.

En 1874 débute la construction du nouveau complexe, le long de la rue Ontario. En août 1876 a lieu l'inauguration de l'usine Macdonald Tobacco, dessinée par l'architecte Alexander Hutchison (1838-1922), également l'auteur de l'actuel Musée Redpath. L'usine est construite sur un terrain de plus de 3 000 mètres carrés, délimité par les actuelles rues Ontario, d'Ibervile, de Rouen et Dufresne.

Les murs, pouvant atteindre les trente centimètres d'épaisseur, étaient alors ornementés de brique jaune décorative et la tour, qui portait un couronnement pyramidal aujourd'hui disparu, atteignait 42,6 mètres de haut depuis la rue.

La structure d'origine était en bois et les deux portes d'entrée, toujours existantes, rappellent le temps où hommes et femmes avaient des accès séparés. Toutefois, les employés de l'usine étaient majoritairement de jeunes femmes.

On construit également une aile de 61 mètres par 37 le long de la rue d'Iberville, pour y loger la salle des presses. Elle est dotée de 48 puits de lumière et d'un sous-sol d'une capacité de 4 000 barriques. À l'origine en brique, cette aile est aujourd'hui couverte de métal ondulé. L'ensemble est ensuite complété par divers bâtiments : une chaufferie, un atelier d'usinage et de menuiserie, et un pavillon des machines.

Le 24 avril 1895, un incendie frappe à nouveau la Macdonald Tobacco. Depuis cette date, on compte deux réelles interventions sur le bâti : un agrandissement en 1922 (date à partir de laquelle les cigarettes sont roulées et empaquetées, alors que précédemment on y produisait principalement du tabac à pipe et à chiquer) puis une importante campagne de rénovation de 1981 à 1986, sous la direction de l'architecte Marius Bouchard.

Lors de ces rénovations, les matériaux de façade ont été remplacés ou recouverts, la brique ayant été très endommagée par l'humidité, mais l'aspect visuel a été gardé dans l'ensemble par la conservation des couleurs d'origine. Les linteaux des fenêtres qui étaient arqués sont maintenant droits et les soupiraux ont été murés. La brique jaune et la frise décorative rappelant des mâchicoulis ne sont encore visibles que sur la tour et les fenêtres à guillotine ont été remplacées.

La Macdonald Tobacco a montré beaucoup de créativité et d'aptitude à l'innovation. Elle est la première à commercialiser le paquet de vingt cigarettes, à intégrer des cartes illustrées à collectionner et à vendre des paquets entièrement en français pour le marché québécois. Elle commercialisa, entre autres, la marque Export « A » et la British Consols.

Millionnaire À 40 ans, William Macdonald était un homme généreux comme en témoigne ses nombreux dons particulièrement à l'Université McGill. C'était un homme singulier, qui ne fumait pas et refusait qu'on fume en sa présence et qui, malgré sa fortune, vivait très modestement.

Célibataire et en conflit avec sa famille, il lègue à sa mort en 1917 sa fortune et son entreprise à David Stewart, son gérant, qui plaça l'entreprise entre les mains de ses deux fils, déjà employés depuis longtemps à la compagnie. En 1974, Stewart vend l'entreprise à la multinationale d'origine américaine R.J. Reynolds Tobacco and Co. qui se fera racheter par la Japan Tobacco Inc. en 1999, qui emploie plus de 25 000 employés dans 120 pays.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 2455, rue Ontario Est

Latitude :

45° 31' 54.286"

Longitude :

-73° 33' 14.296"

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Références

Notices bibliographiques :

  • BURGESS, Joanne. Paysages industriels en mutation. Montréal, Écomusée du fier monde, 1997. 88 p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la communauté urbaine de Montréal - L'architecture industrielle. Montréal, CUM, Service de planification du territoire, 1981. s.p.
  • GERSOVITZ, Julia. « Hutchison, Alexander Cowper ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • JT International SA. Japan Tobacco International [En Ligne]. http://www.jti.com
  • MERRETT, Brian et François RÉMILLARD. L'architecture de Montréal : guide des styles et des bâtiments. Montréal, Méridien, 1990. s.p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.

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