Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Aménagement hydroélectrique Manic-5

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Côte-Nord

Municipalité :

  • Baie-Comeau

Date :

  • 1959 – (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Installations électriques)

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Description

L'aménagement hydroélectrique Manic-5 est situé à environ 200 kilomètres au nord de l'embouchure de la rivière Manicouagan et à plus de 214 kilomètres de la ville de Baie-Comeau, le plus proche noyau urbain. Il a été érigé entre 1959 et 1971 et la centrale a été mise en service en 1970-1971 par Hydro-Québec. Cet aménagement fait partie du complexe Manic-Outardes dont la construction s'étale de 1959 jusqu'à 1978 et qui compte sept centrales : les centrales Manic-1, Jean-Lesage (Manic-2), René-Lévesque (Manic-3), Manic-5, aux Outardes-2, aux Outardes-3 et aux Outardes-4. Le complexe comporte aussi une centrale de suréquipement mise en service en 1989-1990, la centrale Manic-5 PA.

L'aménagement hydroélectrique Manic-5, situé dans le territoire non organisé (TNO) de Rivière-aux-Outardes, est d'une superficie de 37 432 kilomètres carrés. Il est composé de plusieurs bâtiments : le barrage Daniel-Johnson, la centrale, le bâtiment de la prise d'eau, l'évacuateur de crues et les cheminées d'équilibre.

Le barrage Daniel-Johnson détient le titre du plus grand barrage à contreforts et à voûtes multiples du monde. Sa présence marque le paysage et est visible de la route 389 sur plusieurs kilomètres. Construit en béton, il crée en amont le réservoir Manicouagan qui a une superficie d'environ 2 000 kilomètres carrés.

La prise d'eau de la centrale Manic-5 comporte deux galeries d'amenée souterraines bétonnées et deux cheminées d'équilibre qui se dressent à mi-parcours. Les galeries permettent d'acheminer l'eau du réservoir vers les conduites forcées puis vers les turbines. La prise d'eau abrite plusieurs équipements dont les vannes, leurs mécanismes de levage et les poutrelles de maintenance. L'ensemble de la prise d'eau est d'origine et les équipements n'ont pas été modifiés de manière importante depuis leur mise en service.

À mi-chemin entre la prise d'eau et la centrale se trouvent deux cheminées d'équilibre blindées et recouvertes de parements métalliques. Elles permettent d'éviter le coup de bélier produit par la fermeture des vannes de garde, ce qui pourrait ensuite endommager lourdement les conduites forcées.

La centrale consiste en un bâtiment construit en béton de décoffrage selon un plan en « L » et couvert d'un toit plat. L'aile la plus longue abrite les huit groupes turbines-alternateurs, alors que l'aile la plus courte contient les bureaux administratifs. Après le passage dans les bâches spirales des groupes turbines-alternateurs, l'eau s'écoule dans le canal de fuite pour se déverser dans la rivière Manicouagan.

L'évacuateur de crues est construit en béton armé et est incorporé à un barrage auxiliaire de type poids d'une hauteur maximale de 26 mètres. Une réfection a été effectuée sur les piliers en 1985.

La centrale Manic-5 s'inscrit bien dans la tendance architecturale de son époque avec l'utilisation de matériaux comme le béton et l'acier. La simplification du volume et l'épuration de la composition ainsi que le traitement du fenêtrage en bandeaux constituent les fondements du style international. L'usage du béton brut et l'apparence massive de la centrale relèvent d'une tendance issue de ce style : le brutalisme. Le matériau privilégié à la centrale s'inscrit en continuité avec celui du barrage Daniel-Johnson qui exprime les avancées techniques et le savoir-faire relatif à l'utilisation de ces matériaux que sont le béton et l'acier.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

En 1906, un groupe d'hommes d'affaires présidé par A.-E Lorimier obtient les droits d'exploitation des premières chutes de la rivière Manicouagan. Le bail change de main en 1919 et la concession devient alors la propriété du Département des ressources hydrauliques de la Manicouagan and English Bay Export Company Limited. Cette même année, des expéditions permettent d'évaluer le débit des rivières Manicouagan et aux Outardes. Les résultats confirment qu'elles représentent l'un des plus puissants systèmes hydriques du Canada. Toutefois, l'éloignement, l'absence de réseaux routiers et les coûts d'investissement élevés retardent leur développement.

Impressionné par le rendement du barrage McCormick, construit entre 1948 et 1951 sur la rivière Manicouagan, Hydro-Québec entreprend des études pour développer le potentiel hydroélectrique de ces deux rivières. Cette volonté vise à répondre aux besoins énergétiques grandissants du Québec. Ces études ne sont complétées qu'en 1959, mais déjà en 1956 on prévoit faire construire un barrage-réservoir au lac Sainte-Anne sur la rivière Toulnustouc, tributaire de la rivière Manicouagan. À partir de 1959 débute la construction de la route de la route 389 en direction du futur chantier de l'aménagement Manic-5, le premier et le plus long chantier du complexe Manic-Outardes.

En raison de son éloignement, l'accès au chantier de l'aménagement hydroélectrique Manic-5 est difficile. Jusqu'à l'ouverture complète de la route 389 en 1961, l'avion est le principal moyen de transport pour s'y rendre. C'est la firme d'ingénieurs Asselin, Benoît, Boucher, Ducharme, Lapointe qui est responsable de l'ingénierie de la centrale avec l'aide de la firme Cartier, Côté et Piette. L'architecture de la centrale Manic-5 relève des architectes-conseils David et Boulva avec le concours du Comité d'architecture d'Hydro-Québec. Parmi les différents éléments de l'aménagement Manic-5, le barrage Daniel-Johnson est le plus célèbre. Il incarne un ouvrage d'ingénierie grandiose, mais également un symbole de la Révolution tranquille.

Après le début de la construction de l'aménagement Manic-5 en 1959, ce sera au tour de ceux de Jean-Lesage (Manic-2) en 1961, de Manic-1 en 1963, d'Outardes-4 en 1963 et d'Outardes-3 en 1964. Suivront ceux d'Outardes-2 en 1965, inauguré en 1978, et de René-Lévesque (Manic-3) en 1970. Ainsi, la réalisation du complexe initial aura duré presque 20 ans, soit de 1959 à 1978. En périphérie des chantiers, de nombreux campements et quelques villages provisoires ont été érigés et pouvaient loger plus de 11 000 personnes. Tous ont été fermés après la mise en service des centrales.

Aujourd'hui, la centrale Manic-5 et le barrage Daniel-Johnson sont des attraits importants pour la région de la Côte-Nord. Le barrage a une reconnaissance non seulement au niveau régional, mais aussi au plan national et international. Il est reconnu dans le monde pour sa technologie particulière et son imposant volume. Environ 8 000 visiteurs s'y rendent chaque année. Un centre d'information et des visites guidées offertes annuellement durant la période estivale permettent aux visiteurs d'en apprendre davantage sur l'hydroélectricité et les ouvrages.

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Emplacement

Region administrative :

  • Côte-Nord

MRC :

  • Manicouagan

Municipalité :

  • Baie-Comeau

Localisation informelle :

À 212 km au nord de Baie-Comeau.

Latitude :

  • 50° 38' 48.311"

Longitude :

  • -68° 43' 23.657"

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Références

Notices bibliographiques :

  • AECOM. Aménagement hydroélectrique Manic 5, Inventaire du patrimoine bâti et technologique, Rapport préliminaire présenté à Hydro-Québec. s.l. 2013. 173 p.
  • Hydro-Québec. Manic 5, Évaluation patrimoniale, installations hydroélectriques. s.l. 1995. 6 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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