Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Complexe du Ogilvie Flour Mills Company Limited

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Usine Farine Five Roses
  • Usine Five Roses Flour Mill

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1886 – (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Moulins à farine)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (4)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

Le complexe du Ogilvie Flour Mills Company Limited se situe aux abords du canal de Lachine, à proximité du Vieux-Port de Montréal. Construits entre 1941 et 1945, les bâtiments le composant sont disposés de part et d'autre de la rue Mill à partir de la rue Riverside. Ils sont toujours utilisés pour la mouture de la farine par l'entreprise Archer Daniels Midland (ADM).

Le complexe compte en tout six constructions dont la plus imposante est constituée d'une série de très hauts silos en béton reliés par une passerelle. Ces silos sont surplombés à chaque extrémité par des constructions fenêtrées. Plus au sud, se trouve un édifice de trois étages s'étendant jusqu'à la rue Riverside. Ses murs de béton sont percés de fenêtres ainsi que d'une large porte vitrée au rez-de-chaussée. Le bâtiment se termine par une haute construction dépourvue d'ouvertures.

Les autres édifices du complexe, au toit plat, ont plutôt des murs de briques malgré que leurs linteaux, soubassements et éléments décoratifs sont en béton. Percés de fenêtres, ils abritent les bureaux et les laboratoires de l'entreprise. Un de ces bâtiments, celui du 950, rue Mill, s'élève sur deux étages, et ses murs extérieurs sont ornementés d'un jeu de brique alternant une disposition verticale et horizontale. La façade avant possède deux bandeaux de fenêtres.

Derrière ce dernier édifice, se trouve le 960, rue Mill, un bâtiment de dix étages percé d'étroites fenêtres rectangulaires. Les travées de ses murs sont soulignées par un ressaut dans la brique sur lequel est accolé un pilastre encastré. Sur sa façade avant, un portail souligné par une avancée entoure l'entrée. Le linteau est gravé de l'inscription suivante : « The Ogilvie Flour Mills Company Limited. 1886 Royal Mill 1941 ». Une enseigne lumineuse arborant le nom d'une des marques autrefois acquises par Ogilvie, « Farine Fives Roses », couronne le bâtiment.

Un dernier bâtiment se situe au 995, rue Mill. Il s'agit d'une construction de deux étages aux fenêtres plus larges et dont les murs extérieurs sont formés en partie de panneaux d'acier. Au nord du complexe se trouve un bâtiment plus récemment construit, qui est composé d'un soubassement en bloc de bétons et d'un recouvrement d'acier aux autres niveaux. Le bâtiment est percé de deux grandes portes de chargement au rez-de-chaussée.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

C'est en 1801, alors qu'Alexander Ogilvie (1779-1858) construit son premier moulin à farine dans la région de Québec, que débute l'histoire d'une entreprise familiale qui deviendra un véritable empire minotier. Vers 1811, Alexander s'associe à son futur beau-père, John Watson, afin de construire un moulin à Montréal. Motivés à concurrencer le City Flouring Mill, qui fait déjà tourner ses meules grâce au pouvoir hydraulique du canal de Lachine, Ogilvie et Watson s'associent avec James Goudie et le fils d'Ogilvie, Alexander Walker (1829-1902). Ils construisent alors un nouveau moulin, le Glenora, situé aux écluses Saint-Gabriel en 1852. En s'établissant le long du canal de Lachine, l'entreprise s'assure d'avoir facilement accès au transport des matières premières et de leurs produits transformés. Cet emplacement leur permet aussi d'utiliser le débit d'eau pour faire fonctionner leurs équipements. En 1855, la nouvelle génération prend la relève et c'est au tour des trois frères Ogilvie, Alexander Walker, John (décédé en 1888) et William Watson (1835-1900), de gérer la société.

Leur expansion est toutefois freinée par l'énergie hydraulique limitée à proximité des écluses. En acquérant les installations de leurs compétiteurs en difficulté, les Ogilvie résolvent ce problème. En 1886, la société rachète la Royal Mills, établie depuis 1859 entre la berge du canal et la rue Mill, à côté du déversoir no 2. Elle en fera de même en 1891 avec la City Flour Mills, située un peu plus à l'est, près du canal. En regroupant ces minoteries, Ogilvie a alors accès au plus grand potentiel hydraulique disponible sur le canal.

Au départ, l'entreprise moud, en plus du blé, de l'orge et d'autres céréales qu'elle vend dans l'est du Canada et qu'elle exporte, lors de surplus. Les Ogilvie remarquent toutefois qu'ils peuvent avoir accès à de meilleures sources d'approvisionnement de blé en Ontario et dans l'ouest. Ils établissent donc des moulins et des élévateurs à grains de Montréal à Winnipeg en suivant les zones productrices. La qualité de la farine Ogilvie, reconnue jusqu'en Grande-Bretagne, gagne ensuite les marchés mondiaux.

Le départ de l'entreprise d'Alexander Walker sera suivi des décès de John en 1888 et de William Watson en 1900. La famille vend alors les propriétés de la compagnie à une société présidée par le financier C.R. Hosmer (1851-1927). Celui-ci décide de conserver le nom déjà bien connu de la marque, en constituant, en 1902, la compagnie The Ogilvie Flour Mills Company Limited. Minoterie la plus importante du territoire canadien, l'entreprise assure son succès en investissant continuellement dans la recherche et le développement de nouvelles variétés de blé, dans de nouveaux procédés ainsi que dans de nouveaux équipements industriels. La minoterie Ogilvie met aussi à profit ses relations d'affaires avec le Canadien Pacifique et les compagnies de navigation pour monopoliser l'entreposage et l'acheminement du blé de l'Ouest vers les Grands Lacs.

En 1905, l'entreprise occupe cinq lots hydrauliques sur le canal et possèdent tous les moulins à farine actionnés par énergie hydraulique à Montréal. Quelques années plus tard, souhaitant prêter main forte à la ménagère, Ogilvie se lance dans la production de mélanges préparés tels que gâteaux, biscuits et pâte à tarte. Forte de ses succès et toujours en expansion, l'entreprise investit dans la reconstruction du Royal Mill dès 1940. Les vieux bâtiments sont ainsi détruits, et ceux alors édifiés forment encore aujourd'hui le complexe. Dans les années 1950, la compagnie acquiert l'entreprise Catelli ainsi que The Lake of the Woods et sa marque de commerce, Five Roses. C'est à partir de ce moment que l'enseigne lumineuse au nom de la marque couronne la minoterie. En 1986, la compagnie est achetée par le conglomérat canadien Labatt Brascan. En 1992, elle passe aux mains de Archer Daniels Midland (ADM) qui, encore aujourd'hui, fait tourner ses moulins.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Lachine

Adresse :

  • rue Mill

Latitude :

  • 45° 29' 30.221"

Longitude :

  • -73° 33' 5.45"

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Références

Notices bibliographiques :

  • Archemi inc. Inventaire et évaluation des ressources culturelles, Canal de Lachine. Vol. 3. Québec, Parcs Canada, 1995. s.p.
  • Blackader-Lauterman Library of Architecture and Art, Canadian Architecture Collection. Industrial architecture of Montreal [En Ligne]. http://digital.library.mcgill.ca/industrial
  • CADORETTE, Paul-Émile. « Autour de l'enseigne Five Roses : La minoterie Ogilvie, figure de proue du Canal de Lachine ». Bulletin de l'Association québécoise pour le patrimoine industriel. Vol. 17, no 3 (automne) (2006), s.p.
  • DESLOGES, Yvon et Alain GELLY. Le canal de Lachine : du tumulte des flots à l'essor industriel et urbain, 1860-1950. Québec, Septentrion, 2002. 214 p.
  • s.a. Special number of the Dominion illustrated : devoted to Montreal : the commercial metropolis of Canada. Montreal, Sabiston Lithographic & Pub Co., 1891. 200 p.
  • STEVENS, George Roy. Ogilvie, pionniers de la meunerie au Canada, 1801-1951. Montréal, 1951. 72 p.
  • SWEENY, Robert. Guide pour l'étude d'entreprises montréalaises et leurs archives avant 1947. Montréal, Montreal Business History Project, 1978. s.p.

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