Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Aménagement hydroélectrique des Cèdres

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Centrale des Cèdres

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Les Cèdres

Date :

  • 1912 – 1914 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Installations électriques)

Éléments associés

Groupes associés (2)

Personnes associées (2)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'aménagement hydroélectrique des Cèdres est situé sur le fleuve Saint-Laurent à environ 2 kilomètres à l'est de la municipalité Les Cèdres. Il a été érigé en 1912 et mis en service en 1914 par la Cedar Rapids Manufacturing and Power Co. L'aménagement, propriété d'Hydro-Québec depuis 1944, est toujours en opération, faisant de lui le deuxième plus ancien aménagement d'Hydro-Québec toujours en activité. Il comprend une centrale, incorporée au barrage principal de type barrage-poids, deux évacuateurs, un poste de transformation, en plus de neuf ouvrages de contrôle.

L'aménagement des Cèdres est situé dans un rétrécissement du fleuve Saint-Laurent d'une longueur d'environ 20 kilomètres compris entre le lac Saint-François, en amont, et le lac Saint-Louis, en aval. Ce tronçon est caractérisé par un étranglement et par une série de rapides dont la chute totalise près de 25 mètres sur une distance de 24 kilomètres. Compte tenu de la faible hauteur des chutes, la centrale possède 7,6 kilomètres d'ouvrages de retenue et de contrôle qui lui permet d'exploiter une hauteur de chute de 9,5 mètres qui correspond aux rapides des Cèdres. L'aménagement se caractérise aussi par le fait qu'il utilise une partie seulement du couloir fluvial.

La centrale est une construction de basse chute qui prend appui sur le socle rocheux qui affleure. Elle intègre dans un même corps le barrage principal, la centrale, qui comprend les équipements de production, et les installations de prise d'eau. Ce long bâtiment de 366 mètres est de style industriel moderniste dont l'enveloppe est constituée d'une structure métallique sur laquelle sont accrochés des panneaux de béton préfabriqués. L'esthétique de la centrale émane de l'assemblage rythmé de travées vitrées et pleines et des colonnes formant des pilastres. La composition d'ensemble, avec une disposition régulière des ouvertures et les proportions agréables des différents éléments de la façade (pilastre, chapiteau, socle) évoquent l'ordre architectural classique. Le toit de la salle des alternateurs est muni d'un lanterneau, reconstruit en 2000, courant sur toute la longueur de l'immeuble. Ce dernier sert à éclairer et à ventiler le bâtiment au moyen de grandes fenêtres articulées.

L'intérieur de la centrale est marqué par l'impressionnant volume de la salle des alternateurs, qui fait toute la longueur et la pleine hauteur de la structure (40 mètres). En amont, on accède par des escaliers à la salle des vannes et des prises d'eau située en surplomb. En aval, les salles des équipements auxiliaires et de contrôle sont réparties sur deux niveaux, le second faisant mezzanine. La salle des vannes et des prises d'eau comporte une rangée de chambres fermées par des portes d'acier. Elles précèdent une rangée de groupes turbines-alternateurs. Les alternateurs sont placés au-dessus du plancher des turbines. En raison de la faible hauteur de la chute d'eau, un système d'excitation séparé a été installé.

Fait très rare pour des aménagements de cette importance, le poste de transformation a un volume distinct de celui de la centrale. Il s'agit d'un bâtiment rectangulaire dont le traitement rappelle celui de la centrale, mais qui se distingue par son volume plus petit, par l'utilisation un peu différente du système de construction en béton préfabriqué et par l'arrangement des travées vitrées et pleines. Le poste a conservé à des fins d'interprétation trois anciens transformateurs et des panneaux de commande de l'ancienne salle de commande.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

Dès le début du XVIIIe siècle et surtout à partir du milieu du XIXe siècle, le potentiel hydraulique des trois rapides compris (du Coteau, les Cèdres et des Cascades) dans le tronçon entre le lac Saint-François et le lac Saint-Louis est exploité par des moulins, puis par des usines. En 1904, une famille de la région créer avec d'autres partenaires la Cedars Rapids Manufacturing and Power Co. (CRMP) qui obtient en 1911 un bail emphytéotique pour exploiter les rapides Les Cèdres. Toutefois, en raison des difficultés à trouver un nombre suffisant d'investisseurs, l'entreprise est vendue à D.L. McGibbon en 1911.

McGibbon réussit à intéresser la Montréal Light, Heat and Power Co. (MLHP) et la Shawinigan Water and Power Co. en leur assurant la distribution de l'électricité une fois produite. Entre temps, la CRMP signe en 1912 une entente avec l'Aluminium Company of America (Alcoa) afin d'exporter de l'électricité (44,76 MV) pour une usine située à Massena dans l'État de New York. L'aménagement hydroélectrique des Cèdres est le premier au Québec construit en vue d'une exportation massive d'électricité à l'extérieur du pays.

En 1912, la première phase de construction est entreprise à partir des plans conçus en 1910 par l'ingénieur Henry Holgate. Alors que la majorité des centrales de l'époque sont pourvues d'un parement en briques, la CRMP innove en utilisant un nouveau système de construction en modules de béton armé préfabriqué breveté en 1912 par la firme américaine Unit Construction Company. Signe de l'ampleur et de la complexité des travaux, près de 300 charpentiers et menuisiers auraient travaillé sur le chantier, sans compter les autres spécialistes tels que les ingénieurs, maçons, électriciens.

Lors de sa mise en service à la fin de l'année 1914, la centrale comporte neuf groupes turbines-alternateurs principaux à axe vertical de type Francis ainsi que trois groupes auxiliaires. Il s'agissait à l'époque parmi les premières turbines à axe vertical installées au Québec et des plus gros groupes turbines-alternateurs du Canada. Les roues de turbines avaient 5,41 mètres pour un poids de 72 tonnes. L'utilisation de turbines de cette taille et de cette puissance a été permise par l'utilisation d'une autre innovation technologique majeure : le palier de Kingsbury. Ce nouveau type de pivot, composé d'un coussinet à film d'huile, qui agit comme lubrifiant entre la partie mobile et la semelle, a l'avantage de supporter le poids des turbines tout en éliminant l'usure mécanique commune aux systèmes à roulement régulier.

Lors de son inauguration, la centrale produit 74,8 MV faisant d'elle la plus importante centrale du Québec. Dès l'été 1915, des travaux commencent dans le but d'ajouter un dixième groupe turbine-alternateur. Puis, huit autres sont ensuite ajoutés entre 1918 et 1924 pour un total de 18 groupes. Une fois le poste prolongé de trois travées en 1924, la centrale produit 162 MV, soit la capacité initialement prévue.

En 1921, la MLHP devient l'unique propriétaire de la centrale des Cèdres. Parallèlement à la construction de la centrale, des évacuateurs et du poste, la MLHP entreprend la construction d'une série d'ouvrages de contrôle qui modifient considérablement le paysage environnant.

Dans le cadre de la première phase de nationalisation de l'électricité, le gouvernement provincial acquiert la MLHP en 1944. L'aménagement hydroélectrique des Cèdres, tout comme les autres installations de la compagnie, appartient désormais à Hydro-Québec. Dans le cadre d'un vaste programme de réhabilitation des centrales, plusieurs modifications sont apportées à l'aménagement hydroélectrique des Cèdres au courant des années 1970. Ces travaux visaient, entre autres, à automatiser les opérations, à remplacer les équipements du poste, puis à moderniser les ouvrages de contrôle. Malgré que d'autres modifications aient été apportées par la suite, la centrale conserve encore une grande intégrité architecturale et technologique.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Vaudreuil-Soulanges

Municipalité :

  • Les Cèdres

Adresse :

  • 615, chemin du Fleuve

Localisation informelle :

Fleuve Saint-Laurent

Latitude :

  • 45° 18' 47.239"

Longitude :

  • -74° 1' 42.974"

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Références

Notices bibliographiques :

  • Archemi inc. Aménagement des Cèdres, Inventaire du patrimoine bâti et technologique, vol. 1 - Rapport principal. Montréal, 2004. 161 p.
  • Hydro-Québec. Centrale des Cèdres, Cahier du visiteur - Visite à volet patrimonial. Montréal, 2011. 9 p.
  • Société d'aménagement technologique Inc. (SOTAR). Inventaire du patrimoine bâti et technologique d'Hydro-Québec : évaluation comparative des installations hydroélectriques. Vol. 1. s.l. 1995. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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