Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Usine de pâtes Mohawk

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Moulin Soucy
  • Usine F. F. Soucy Inc.

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Saint-Antonin

Date :

  • vers 1885 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Usines de pâtes et papiers)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Groupes associés (1)

Personnes associées (1)

Inventaires associés (2)

Carte

Description

L'usine de pâtes Mohawk est un complexe industriel érigé vers 1888 dont les activités ont cessé au début des années 2000. Cette usine, spécialisée dans la pâte mécanique non blanchie, est située dans la ville de Saint-Antonin à une douzaine de kilomètres en amont de Rivière-du-Loup. Les bâtiments du complexe auraient été érigés en différentes phases entre 1888 et les années 1960. L'usine, qui comporte neuf bâtiments distincts, est implantée directement à côté de la rivière du Loup sur laquelle y est aménagé un barrage qui permettait autrefois d'alimenter des défibreurs en énergie hydraulique. Érigé vers 1933, le barrage de béton a été réparé en 1997. Il demeure en bonne condition et est toujours en opération. En amont se trouve un important réservoir long d'environ 1,5 kilomètre où jadis le bois flottait avant d'être transformé.

Pour fabriquer la pâte, les billots étaient initialement hissés mécaniquement directement de l'eau du canal qui les acheminait de la rivière à l'usine. On remarque d'ailleurs encore sur le site des vestiges de cette infrastructure. Ensuite, les billots étaient coupés en longueur égale, puis passés dans une écorceuse. Les résidus d'écorce étaient envoyés par convoyeur dans un silo en béton de forme polygonale situé tout juste à côté de la chaufferie qui possède encore sa cheminée haute d'une dizaine de mètres.

Les billots prenaient ensuite deux chemins, selon les besoins. Plusieurs d'entre eux étaient transportés aux défibreurs à meule, installés à l'intérieur du bâtiment situé à flanc de rivière. Grâce à l'aménagement d'une prise d'eau et de trois conduites forcées, l'eau de la rivière entrait aux étages inférieurs du bâtiment et alimentait les trois turbines qui actionnaient les défibreurs à meule pour fabriquer la pâte. Sinon, les billots excédentaires étaient envoyés à l'extérieur par un système de convoyeur haut d'une dizaine de mètres afin de les amonceler.

Le processus du défibrage servait à séparer les fibres du bois. Celles-ci subissaient ensuite un premier tamisage, qui permettait d'enlever les fibres trop longues. La pâte était ensuite nettoyée de toutes impuretés avant d'être envoyée à l'essoreuse. Lorsque la pâte sortait de cette machine, elle contenait encore 70 % d'eau. Elle était ensuite asséchée dans une presse hydraulique. Enfin, la pâte était préparée sous forme de ballots d'environ 680 kilos pour expédition.

L'ensemble des opérations de traitement de la pâte se faisait dans les bâtiments situés à flanc de rivière ainsi que celui maintenant recouvert de tôle de couleur verte.

Plusieurs des bâtiments du site ont conservé certains éléments d'architecture depuis leur construction. Par exemple, le bâtiment possédant un toit à deux versant faiblement incliné, situé immédiatement à côté de la rivière et qui abritait les défibreurs, a encore ses fenêtres d'origine au niveau du rez-de-chaussée. Cet édifice a une structure en béton brut d'origine, tout comme le petit bâtiment situé à l'extrémité du barrage et l'ancienne chaufferie. Bien que le béton ne soit pas toujours visible car recouvert de tôle sur certains pans de l'enveloppe, l'utilisation de ce matériau confère au site une valeur certaine puisqu'elle diffère grandement des autres constructions industrielles de la fin du XIXe siècle érigées en grande majorité en brique. Le bâtiment dont l'enveloppe a été recouverte de tôle de couleur verte présente également certains éléments d'origine, dont ses fenêtres à petits carreaux.

Certains éléments ont toutefois été modifiés à travers les années. Par exemple, les corps secondaires du bâtiment des défibreurs, érigés dans son prolongement vers l'aval de la rivière, ont perdu leur toiture à deux versants au profit de toit plats au tournant des années 1980. De plus, le silo en béton de forme polygonale, construit après 1945, a perdu depuis un élément, autrefois érigé directement sur le toit, qui recevait les résidus d'écorce et qui les faisant entrer à l'intérieur du silo.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

Haut de la page

Informations historiques

Durant la première moitié du XIXe siècle, les moulins à papier du Québec utilisent différents produits dans les procédés de fabrication : chiffons, paille, spartine de Michaud, spart d'Espagne. Ce n'est qu'après avoir découvert la manière de faire du papier à partir du bois (vers 1840) que l'industrie des pâtes et papiers se développera de façon plus importante grâce aux vastes ressources forestières du Québec. C'est en 1866, à la Alexander Buntin Co. de Valleyfield, que l'on a produit pour la première fois au Canada du papier à partir de la pâte mécanique.

À partir des années 1870, on assiste à une diversification de la transformation des ressources forestières de plusieurs régions du Québec. La région du Bas-Saint-Laurent n'y fait pas exception. Dès 1880, plusieurs usines s'installent dans la ville de Rivière-du-Loup pour y produire de la pâte mécanique à partir du bois résineux de la région. Le débit et la dénivellation de la rivière du Loup procure aux usines, comme aux moulins et autres scieries depuis plus d'un siècle, un pouvoir hydraulique important nécessaire à leurs activités.

Peu avant 1883, François Florentin Soucy s'associe à deux partenaires pour fonder la compagnie connue sous la raison sociale Lavoie, Blondeau, Soucy et Ass. En 1883, la compagnie acquiert un terrain du Chemin-du-Lac (Saint-Antonin) en vue d'établir une usine de pâte mécanique. Le site est aménagé à proximité de la rivière du Loup vers 1885. En 1888, F.F. Soucy rachète les parts de ses deux associés et assume seul la gestion de la compagnie. Il fait ensuite construire une usine pour fabriquer de la pâte mécanique en utilisant l'épinette et le sapin, abondants dans la région. Il développe le produit « Soucy Snowflakes Groundwood » rapidement exporté en Angleterre et aux États-Unis.

En 1917, les fils de F.F. Soucy, Jos-F., Albert et Wilfrid entrent à l'usine. Ils le remplacent et dirigeront l'usine jusqu'à ce que la troisième génération en assure l'avenir. L'usine produit 20 tonnes de pâte mécanique par jour en 1920. L'usine doublera sa production entre 1920 et 1940, notamment grâce à la construction d'un barrage vers 1933 qui permet de mieux alimenter les turbines servant à la fabrication de la pâte. Ainsi, l'entreprise a su se maintenir et prospérer.

La compagnie est renommée F.F. Soucy Inc. en 1953. Durant les années 1950, les opérations saisonnières emploient plus de 75 ouvriers, qui s'occupent notamment du bois provenant des réserves forestières de la compagnie. Les opérations du moulin comptent quant à elles plus de 50 ouvriers.

Au début des années 1960, la famille Soucy cherche à diversifier ses opérations en produisant du papier journal. Pour ce faire, elle fait l'acquisition en 1963 d'un fourdrinier d'une capacité de 100 tonnes. Une usine est érigée à Rivière-du-Loup qui fonctionne grâce à cette machine jusqu'en 1976.

En 1964, l'usine de Saint-Antonin est notamment équipée d'un tambour écorceur, de deux défibreurs à meule, d'un tamis géant, d'un épurateur « Cowan » et de cinq presses à pâte de type « Pascol » d'une capacité quotidienne de 60 tonnes de pâte mécanique. La totalité de la production est exportée en ballots de pâte non séchée.

En 1971, l'usine ferme ses portes temporairement. Elle reprend ses activités en 1973 alors qu'elle est vendue à la compagnie Mohawk Inc., propriétaire d'une usine de pâtes et papiers à Rivière-du-Loup depuis 1941. Rita Soucy, fille d'Albert Soucy, et Jean-Léon Marquis demeurent toutefois copropriétaires.

Par la suite, l'usine de pâte Mohawk subit des améliorations constantes et continue d'engager bon nombre de travailleurs. Les activités cessent toutefois au début des années 2000. Depuis quelques années, un projet d'aménagement d'une mini-centrale hydroélectrique sur le site de l'usine a été proposé sans toutefois se concrétiser.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Rivière-du-Loup

Municipalité :

  • Saint-Antonin

Adresse :

  • 2009, 1e Rang

Latitude :

  • 47° 44' 55.41"

Longitude :

  • -69° 31' 15.57"

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • Bergeron Gagnon. Inventaire du patrimoine bâti de la MRC de Rivière-du-Loup. s.l. 2012. 88 p.
  • BROUILLETTE, Benoît. « L'industrie des pâtes et du papier ». s.a. La forêt : étude préparée avec la collaboration de l'École de génie forestier de Québec. Montréal, Éditions Fides, 1944, s.p.
  • Conibec. Industries des pâtes et papiers Bas-Saint-Laurent-Gaspésie; dossiers techniques usines de La compagnie F.F. Soucy Inc, La compagnie Mohawk Pulp Ltd, La compagnie Consolidated-Bathurst, La compagnie Gaspésia, La compagnie internationale du papier du Canada. s.l. 1977. s.p.
  • FORTIN, Jean-Charles. Le Bas-Saint-Laurent. Sainte-Foy, Éditions de l'IQRC, 1999. 190 p.
  • GAUVIN, Lucie. Saint-Antonin : 150 ans de vie !. Saint-Éloi, Publicom, 2006. 486 p.
  • MASSÉ THIBAULT, Gertrude. La petite histoire de Saint-Antonin, 1856-1981. Rivière-du-Loup, 1981. 80 p.
  • SOUCY, Jos. F. « F.F. Soucy Inc. Fabrication de pâte à papier ». s.a. Album souvenir du centenaire de la paroisse de St-Antonin. Rivière-du-Loup, 1957, s.p.
  • TREMBLAY, Jacqueline. Vie ouvrière dans une papeterie de l'Est du Québec ; Le cas de F.F. Soucy (1965-1984). Université du Québec à Rimouski, 1985. 279 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013