Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Mary-Dorothy-Molson

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Goodwood
  • Mac Dougall
  • MacDougall

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • vers 1930 –  (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Personnes associées (5)

Images

Carte

Description

La maison Mary-Dorothy-Molson est une résidence bourgeoise de villégiature d'inspiration néogeorgienne construite vers 1930. Son corps principal en pierre de plan rectangulaire s'élève sur deux étages et demi et est coiffé d'un toit à deux versants droits. Un avant-corps couronné d'un fronton occupe le centre de sa façade. Un corps secondaire de deux étages, construit en 1936, s'apparente au corps principal par ses matériaux et sa forme et est relié du côté est par un passage couvert. La propriété se situe à l'extrémité nord-ouest de l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville de la ville de Montréal, en bordure de la rivière des Prairies.

Ce bien est cité immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure du bâtiment ainsi qu'au grand terrain boisé sur lequel il s'élève.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Montréal) 2009-02-23
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

La maison Mary-Dorothy-Molson présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment témoigne d'une tendance particulière de riches familles bourgeoises de Montréal de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle, qui est d'aménager sur de grands terrains en zones riveraines, la plupart du temps comme second lieu de résidence, de vastes et somptueuses demeures inspirées de styles architecturaux en vogue. Leur venue dans un secteur à vocation agricole amène un train de vie nouveau de villégiature, soutenu par des domestiques. Par ailleurs, la valeur historique de la maison Mary-Dorothy-Molson repose aussi sur son association avec des notables de Montréal, dont Mary Dorothy Molson (1904-1992), propriétaire des lieux jusqu'en 1974, fille d'Herbert Molson (1875-1938), président de la Brasserie Molson de 1911 à 1938 et épouse de Hartland Campbell MacDougall (1905-1997), riche courtier en valeurs mobilières et acteur notable de la vie économique de l'époque. Sur sa vaste propriété, le couple Molson-MacDougall organise de fastueuses réceptions et aménage de grands espaces destinés à l'horticulture, à la chasse ou à des activités sportives, surtout équestres. Plusieurs riches familles montréalaises ayant comme second lieu de résidence le village de Saraguay se côtoient, dont les McEachran, Ogilvie, Gault et Paton. Ces moments de loisirs sont favorables à la création de liens de voisinage familiaux, d'amitié et d'affaires.

La maison Mary-Dorothy-Molson présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La résidence a été conçue par Alexander Tilloch Galt Durnford (1898-1973), architecte spécialisé dans les résidences rurales et urbaines, bien connu dans le milieu bourgeois montréalais de l'époque. La maison est représentative des résidences d'inspiration néogeorgienne construites à Montréal. Ce style s'est surtout manifesté au Québec dans la première moitié du XXe siècle, en reprenant certains principes classiques de l'École des Beaux-arts et en s'inspirant à la fois du style original né en Angleterre au XVIIe siècle et du « Georgian Colonial », variante développée au XVIIIe siècle sur la côte Est étatsunienne. Elle en représente un témoin accompli par la composition symétrique de sa façade dont l'avant-corps central est surmonté d'un large fronton triangulaire, par les larges souches de cheminées inscrites dans les murs pignons et par l'ornementation classique telle que le portail en bois sculpté pourvu d'un fronton brisé à ailerons. Par son allure imposante et sobre, la demeure est un bel exemple d'une composition architecturale inspirée du style néogeorgien.

La maison Mary-Dorothy-Molson présente en outre un intérêt pour sa valeur paysagère. Le terrain, inclus dans la protection, est caractérisé par de grands espaces verts gazonnés et boisés d'arbres centenaires ainsi que par la proximité de la rivière des Prairies. Il a conservé de façon remarquable son caractère champêtre des années 1930. Un sentier et un escalier en pierre mènent aux berges de la rivière des Prairies et encadrent des vues spectaculaires vers le plan d'eau. Par ailleurs, la résidence borde les limites du site patrimonial du Bois-de-Saraguay, forêt exceptionnelle pour sa diversité et sa richesse écologique.

Source : Ville de Montréal, 2008.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Mary-Dorothy-Molson liés à ses valeurs historique, architecturale et paysagère comprennent, notamment :
- le volume du corps principal, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi, le toit à deux versants droits, les deux souches de cheminées inscrites dans les murs pignons, le corps central en avancée, le corps en avancée à l'arrière terminé par un pignon et pourvu d'une baie en saillie circulaire, ainsi que le balcon couvert et la serre contre le mur ouest du corps principal;
- les matériaux, dont le revêtement en moellons grossièrement équarris, la couverture de bardeaux d'ardoise noire et les solins en cuivre;
- les ouvertures, dont leur disposition symétrique dans l'axe de l'entrée, les portes, les fenêtres en bois d'origine, à carreaux et de forme carrée ou rectangulaire, les fenêtres octogonales, les oeils-de-boeuf et les lucarnes à arcs surbaissés;
- les ornements, dont la frise décorative en bois et la corniche à denticules soulignant le toit, les chaînes d'angle en pierre de taille soulignant le corps central, ainsi que le portique ornementé de bois sculpté composé de deux colonnettes et surmonté d'un fronton brisé à ailerons avec un emblème d'armoirie;
- les composantes du corps secondaire, dont l'orientation en angle par rapport au corps principal, les fenêtres en saillie, le pignon revêtu de planches à clins, le garage attaché surmonté d'une terrasse et la saillie polygonale à l'arrière;
- les composantes du passage couvert entre le corps principal et le corps secondaire, dont le portique en bois et les lucarnes à croupes;
- la situation en bordure de la rivière des Prairies;
- l'implantation de la maison en retrait de la voie publique;
- le vaste terrain, dont les arbres centenaires, le sentier, l'escalier et le mur de soutènement, en pierre, menant à la berge de la rivière des Prairies, ainsi que le mur en pierre délimitant la propriété du boulevard Gouin.

Haut de la page

Informations historiques

La maison Mary-Dorothy-Molson est construite vers 1930 sur un terrain situé en bordure de la rivière des Prairies. Ce territoire à vocation agricole correspond à la côte Saint-Louis, dont les premières terres sont concédées vers 1717 par les Sulpiciens. Exceptionnellement, la bande riveraine reste inexploitée jusqu'en 1880. Elle est alors morcelée en lots achetables. À partir de ce moment, le secteur devient un pôle d'attraction pour les familles riches montréalaises qui y établissent leurs résidences secondaires. Ces familles occupent entre autres le Mille carré doré, quartier bourgeois de Montréal.

Dans cette mouvance, Edith Reford (1874-1970) devient copropriétaire en 1922 et unique propriétaire en 1930 d'un terrain de la municipalité du village de Saraguay, constituée en 1914. Fille du riche homme d'affaires Robert Reford (1831-1914) et épouse de Hartland Brydges MacDougall (1876-1947), courtier en valeurs mobilières reconnu, elle se retrouve par filiation et alliance dans les hautes sphères de la finance. Son fils, Hartland Campbell MacDougall (1905-1997), également courtier en valeurs mobilières, se marie en 1928 avec Mary Dorothy Molson (1904-1992), fille d'Herbert Molson (1875-1938), président de la Brasserie Molson de 1911 à 1938. Cette dernière fait construire une maison selon les plans de l'architecte montréalais Alexander Tilloch Galt Durnford (1898-1973) vers 1930 et Edith Reford lui fait don, en 1931, de la partie du lot sur laquelle repose la maison. Une rallonge à l'est et une serre à l'ouest sont construites selon les plans du même architecte en 1936. En 1952, Edith Reford vend à Mary Dorothy Molson le reste du terrain, faisant d'elle l'unique propriétaire. Cette dernière y demeure avec sa famille jusqu'à ce qu'elle la vende à une entreprise privée en 1974. La maison perd alors sa fonction résidentielle. En 1981, le site est racheté par la Communauté urbaine de Montréal. À la suite des fusions municipales en 2002, celui-ci revient à la Ville de Montréal. Les lieux sont utilisés occasionnellement à des fins de tournage de scènes cinématographiques.

La maison Mary-Dorothy-Molson est citée en 2009.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ahuntsic-Cartierville

Adresse :

  • 9095, boulevard Gouin Ouest

Latitude :

45° 31' 7.5"

Longitude :

-73° 44' 39.5"

Désignation cadastrale :

  • Lot 4 269 032

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • CARON, Denise. La résidence Mary Dorothy Molson, 9095 boulevard Gouin Ouest, étude historique. Montréal, Ville de Montréal, 2008. 41 p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Architecture domestique I : les résidences. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, 10. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, 1987. 803 p.
  • DORÉ, Jean. Analyse de la valeur patrimoniale de la maison Mary Dorothy Molson. Montréal, Ville de Montréal, 2008. 54 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013