Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Chaises

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Date :

  • après 1643 – avant 1661 (Production)
  • 1670 (Donation)

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Ameublement > Mobilier

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Patrimoine mobilier associé (5)

Fait partie de :

Autres biens associés :

Voir la liste

Groupes associés (1)

Personnes associées (2)

Inventaires associés (1)

Description

Cette chaise dite à la Lorraine et de style Louis XIII a été fabriquée en Nouvelle-France au milieu du 17e siècle. Elle a appartenu à Louis d'Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay (vers 1612-1660) et son épouse Marie-Barbe de Boullongne (vers 1618-1685).

Le meuble fait en merisier du Québec selon des techniques de fabrication françaises mesure 102 cm de hauteur, 45 cm de largeur, 35,5 cm de profondeur et est recouvert d'une finition brun foncé. La chaise possède un piétement avec entretoise en « H » tourné en balustre et un siège formé d'une planche moulurée dépassant le piétement. Le dossier est composé de cinq barreaux tournés et de deux montants verticaux tournés ainsi que de deux traverses horizontales chantournées. Chacun des montants inclinés a été tourné d'une pièce. L'assise est composée de deux planches. L'arrière de l'assise, taillée en feuillure, s'insère sous la traverse arrière. L'avant de l'assise est quant à elle fixée à la traverse avant à l'aide de tenons mortaise à queue-de-renard rapportés (aussi appelés prisonniers) insérés d'un côté dans l'assise et fixés à la traverse avant à l'aide de chevilles. Ces longues chevilles qui n'ont pas été recoupées dépassent de la traverse et sont visibles sous l'assise.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'accession : 2018.65.1-6
  • Numéro précédent : M-30a à M-30f
  • Numéro précédent : 2001-141

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec > Capitale-Nationale

Dimensions :

  • Hauteur : 102 centimètre(s)
  • Largeur : 45 centimètre(s)
  • Profondeur : 42 centimètre(s)

Matériaux :

  • Bois (Merisier)
  • Métal (Fer)
  • Teinture
  • Vernis

Technique de fabrication :

  • Assemblé, à tenon et mortaise
  • Chantourné
  • Chevillé
  • Tourné

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Partie d'un objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2003-11-13
 

Haut de la page

Informations historiques

Cette chaise a été produite en Nouvelle-France au milieu du 17e siècle, et fait partie d'un ensemble de six. Ces chaises auraient toutes été fabriquées par le même menuisier-ébéniste et font partie d'un ensemble composé d'une table, une commode, un tabouret et un marchepied. Cet ensemble a appartenu à Louis d'Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay (vers 1612-1660) et son épouse Marie-Barbe de Boullongne (vers 1618-1685) qui sont arrivés en Nouvelle-France en août 1643. Le couple s'installe d'abord à Ville-Marie et contribue à son développement en compagnie de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Marie-Barbe de Boullongne y apprend des langues autochtones et fut surnommée « Celle qui prend pitié de nous dans notre misère » par les Algonquins.

En 1648, Louis d'Ailleboust est nommé gouverneur de la Nouvelle-France, en remplacement de Charles Huault de Montmagny, puis il s'installe avec son épouse au château Saint-Louis. Louis d'Ailleboust et Barbe de Boullongne se retirent en 1651 dans leur vaste propriété de Coulonge à Québec, puis retournent à Ville-Marie.

À la suite de la mort de son époux en 1660, Marie-Barbe de Boullongne revient à Québec et s'investit dans le soin des malades et l'aide aux pauvres qui sont prodigués par la communauté religieuse des Augustines de la ville de Québec. Après une seconde tentative infructueuse d'intégrer la communauté des Ursulines, où sa soeur y était religieuse, madame d'Ailleboust se dévoue totalement au soin des malades de l'Hôtel-Dieu de Québec. Elle se retire, avec les biens qui lui restent, dans une maison acquise en 1665, voisine de l'institution.

En 1670 et jusqu'à sa mort en 1685, elle est pensionnaire perpétuelle de l'Hôtel-Dieu. De ce fait, elle fait don de tous ses biens, meubles et immeubles, à la communauté des Augustines. Selon les livres de comptes et des registres des pauvres de l'Hôtel-Dieu, les meubles de madame d'Ailleboust valent à l'époque 1000 francs. En contrepartie de ses services et de son don, les Augustines s'engagent par acte notarié à loger, nourrir, soigner et vêtir Mme d'Ailleboust et sa domestique leur vie durant, et à verser à Mme d'Ailleboust un petit montant annuel qu'elle pourra dépenser à sa guise. Mme d'Ailleboust ne logera pas dans le monastère, mais dans un petit appartement près de l'hôpital.

Dans les papiers personnels de Mme d'Ailleboust, légués aux Augustines à son décès et gardés précieusement par elles, se retrouve un inventaire détaillé de ses biens alors qu'elle habitait Ville-Marie. Il a été rédigé par Paul de Chomedey de Maisonneuve en 1661, suite au décès de Louis d'Ailleboust et avant le départ de Mme d'Ailleboust pour Québec. Dans cet inventaire se retrouve un ensemble de six chaises, qui sont probablement les mêmes six chaises qui se retrouvent maintenant au monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec.

Les chaises auraient été décapées, puis vernies au courant du 20e siècle.

Ces six chaises sont classées en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec en 2003, en même temps que plusieurs autres meubles qui appartenaient à Madame d'Ailleboust et qui font partie de la collection des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec.

Haut de la page

Références

Contributeur de données :

Direction générale du patrimoine

Notices bibliographiques :

  • CASGRAIN, Henri-Raymond. Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec. Québec, Léger Brousseau, 1878. 612 p.
  • DAVELUY, Marie-Claire. « Ailleboust de Coulonge et d'Argentenay, Louis d' ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • JUCHEREAU DE SAINT-IGNACE, Jeanne-Françoise. Les Annales de l'Hôtel-Dieu de Québec, 1636-1716. Québec, Les Augustines de l'Hôtel-Dieu, 1984. 444 p.
  • LESSARD, Michel et Huguette MARQUIS. Encyclopédie des antiquités du Québec. Montréal, Les Éditions de l'Homme Ltée, 1971. 536 p.
  • LESSARD, Michel. La nouvelle encyclopédie des antiquités du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2007. 1103 p.
  • PALARDY, Jean. Les meubles anciens du Canada Français. Montréal, Le Cercle du Livre de France Ltée, 1963. 412 p.
  • PROVOST, Honorius. « Boullongne, Marie-Barbe de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/boullongne_marie_barbe_de_1F.html
  • RAYMOND, Maryvonne de. La maison Kent : la pierre et l'histoire : une mémoire retrouvé, XVIIe-XXe siècles . Québec, Les éditions du Septentrion, 2006. 198 p.
  • ROUSSEAU, François. La croix et le scalpel. Histoire des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec (1639-1989). Vol. 1. Sillery, Septentrion, 1989. 454 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013