Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Pont de Des Rivières

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Pont des Rivières

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Notre-Dame-de-Stanbridge

Date :

  • 1884 (Construction)

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Ponts couverts)

Éléments associés

Personnes associées (1)

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Carte

Description

Le pont de Des Rivières est un ouvrage de génie civil construit en 1884. Ce pont à travée unique de 37,4 mètres présente une structure de type Howe à diagonales doubles constituée d'éléments en bois et en acier. Il est couvert d'un parement en planches verticales à couvre-joints peint en rouge et il est coiffé d'un toit à deux versants droits en tôle. L'ouvrage repose sur des culées en pierre. Situé en milieu rural, le pont de Des Rivières enjambe la rivière aux Brochets, dans la municipalité de Notre-Dame-de-Stanbridge.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2015-10-22
Prise d'effet : 2014-11-11

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2014-11-05
 
Inventorié --
 

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Valeur patrimoniale

Le pont de Des Rivières présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il rappelle l'importance des ponts couverts dans l'histoire de l'occupation du territoire. Au Québec, entre le début du XIXe siècle et la fin des années 1950, environ 1500 ouvrages de ce genre ont été bâtis. Le pont de Des Rivières est le troisième érigé à cet emplacement, les précédents ouvrages ayant été emportés ou lourdement abîmés par des crues de la rivière aux Brochets. Ces ponts ont favorisé le développement économique du canton de Stanbridge, en particulier du hameau de Malmaison, aussi nommé Des Rivières. En 1830, les frères François-Guillaume et Henri Desrivières héritent de leur père un territoire couvrant presque tout le canton. Ils s'établissent dans les environs vers 1841 pour y faire, notamment, le commerce du bois, des céréales et de la farine. Ils font aménager un barrage sur la rivière et construisent un moulin à scie sur une rive, et un moulin à farine, sur l'autre. Le pont permet de passer d'une rive à l'autre et facilite le commerce, tout en ouvrant à la colonisation des terres autrement enclavées. Après quelques années, l'agglomération compte plus de 200 habitants. Le pont rappelle donc l'histoire du peuplement de la région, fortement lié à l'agriculture et au commerce du bois. Il s'agit en outre de l'un des plus vieux ponts couverts qui subsistent dans la région et qui servent encore au transport routier.

Le pont de Des Rivières présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique. L'ouvrage témoigne de l'utilisation de la ferme Howe pour la construction de ponts couverts. Au début du XIXe siècle, les ponts construits en Amérique du Nord sont généralement en bois et présentent des structures très simples. Au cours de la première moitié de ce siècle, plusieurs nouveaux types de structures sont brevetés afin d'augmenter la portée et la charge maximale des ponts pour répondre, entre autres, aux besoins du transport ferroviaire naissant. En 1840, William Howe (1803-1852) obtient un brevet pour une amélioration de la ferme Long, caractérisée par ses éléments de compression disposés en croix de Saint-André. Dans la ferme Howe, les poinçons de bois sont remplacés par des tiges de tension verticales ajustables en acier. Cette modification réduit le poids du pont tout en augmentant sa résistance à la tension, ce qui permet des structures solides pour de plus longues portées. Ces avantages de la ferme Howe l'ont rendue particulièrement populaire pour la construction de ponts ferroviaires. Quelques ponts couverts utilisant la ferme Howe ont été construits au Québec dans la seconde moitié du XIXe siècle, dont le pont de Des Rivières destiné au transport routier. D'autres types de structures, plus simples et plus rapides à construire, ont cependant été privilégiés. Le pont de Des Rivières constitue le seul exemple authentique subsistant de la ferme Howe au Québec.

Le pont de Des Rivières présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Il présente plusieurs éléments qui le distinguent de la majorité des ponts couverts québécois. En effet, la plupart de ceux qui subsistent ont été construits au XXe siècle et reprennent le modèle proposé par le ministère de la Colonisation. Ils sont presque tous dotés d'un parement en planches horizontales et d'ouvertures latérales placées au milieu du lambris. Le pont de Des Rivières a été construit avant que ce modèle soit répandu. Il se distingue par son parement en planches verticales à couvre-joint, un élément rare, et par ses ouvertures latérales longeant les sablières. Le pont repose encore sur des culées en pierre équarrie, alors que sous de nombreux ponts couverts les culées anciennes en pierre ont été remplacées par d'autres en béton.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2015.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du pont de Des Rivières liés à ses valeurs historique, technologique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur la rivière aux Brochets, en milieu rural, sur le territoire de l'ancien hameau de Malmaison;
- son volume, dont sa longueur totale de 41,5 mètres et la largeur de 6,3 mètres, la travée unique de 37,4 mètres et le toit à deux versants droits;
- les caractéristiques de la structure de type Howe, dont les fermes en bois constituées de diagonales (doubles dans une direction, simples dans l'autre) reliant les cordes supérieures et inférieures, les tenseurs verticaux en acier et le chevillage en acier;
- les matériaux, dont la charpente du toit en bois, le parement en planches verticales à couvre-joints peint en rouge, le revêtement du tablier en madriers longitudinaux, les culées en maçonnerie de pierres équarries et la couverture en tôle;
- les ouvertures, dont les portiques à linteau à angles obliques et à jambage droit, et les longues ouvertures latérales longeant les sablières;
- les éléments ornementaux, dont les garnitures peintes en blanc;
- le panneau indiquant le toponyme du pont et l'année de sa construction (1884).

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Informations historiques

Le pont de Des Rivières s'élève sur le territoire du canton de Stanbridge proclamé en 1801. Les terres de ce canton passent entre les mains de plusieurs propriétaires avant que les frères François-Guillaume et Henri Desrivières en héritent en 1830. Les deux frères sont les premiers propriétaires à s'y établir et ils contribuent largement au développement économique et démographique du secteur.

En 1841, les frères Desrivières font construire une vaste résidence sur un terrain à l'extrémité ouest de leur propriété, près de la rivière aux Brochets. Ils surnomment leur demeure « Malmaison », en référence au domaine de Joséphine de Beauharnais (1763-1814), première épouse de Napoléon Bonaparte (1769-1821). Ils s'établissent dans le canton afin d'y faire des affaires, notamment dans le commerce du bois, des céréales et de la farine. Dès 1842, ils font ériger un barrage sur la rivière et construisent un moulin à scie sur la rive ouest et un moulin à farine sur la rive opposée. Un pont s'avère essentiel pour faciliter le transport. Le premier pont couvert du lieu, bâti en 1843, permet aux agriculteurs des environs de transporter leurs récoltes jusqu'au moulin.

Rapidement, une agglomération comptant plus de 200 habitants se forme autour du pôle industriel que forment le barrage et les moulins. Une chapelle et une école en font un véritable noyau villageois. Le nom de la résidence des frères Desrivières, Malmaison, est le plus souvent employé pour désigner le hameau.

Entre 1863 et 1865, le premier pont couvert est emporté par la débâcle du cours d'eau. Cet élément nécessaire aux activités locales est remplacé en 1865. Cette deuxième structure est à son tour détruite au printemps 1883.

Le pont actuel est érigé en 1884. Les plans sont préparés par un dénommé Bachalder, architecte de Bedford, et les travaux sont effectués par les entrepreneurs Jos. Reid et Fils, aussi de Bedford. Le bois de la charpente est scié au moulin de James Crother, maire de Notre-Dame-des-Anges-de-Stanbridge.

Le pont présente une structure de type Howe. En 1840, l'inventeur américain William Howe (1803-1852) obtient un brevet pour une amélioration de la ferme Long, caractérisée par ses éléments de compression disposés en croix de Saint-André. Dans la ferme Howe, les poinçons de bois sont remplacés par des tiges de tension ajustables en acier. Cette modification réduit le poids du pont tout en augmentant sa résistance à la tension, ce qui permet des structures solides pour de plus longues portées. Ces qualités sont particulièrement appréciées pour le transport ferroviaire. La ferme Howe est utilisée dans quelques ponts couverts construits au Québec, mais la ferme Town lui est généralement préférée.

Vers la fin du XIXe siècle, le hameau de Malmaison est peu à peu délaissé. Son territoire est inclus dans la municipalité de Notre-Dame-de-Stanbridge, érigée en 1889. Le pont de Des Rivières compte parmi les rares traces qui subsistent pour témoigner de l'existence de cette agglomération.

Au printemps 1912, le pont est presque emporté par la rivière. Pour contrer la menace, la municipalité donne, en 1915, un contrat à Trahan et Frères pour que le pont soit relevé de deux pieds.

Le pont couvert conserve la plupart de ses caractéristiques d'origine. Cependant, les portiques cintrés d'origine auraient été remplacés par les actuels portiques à linteau à angles obliques vers la fin des années 1950. Par ailleurs, le plancher du pont était autrefois posé en diagonale.

En 1998, des travaux de restauration sont effectués sur différentes parties de la structure, notamment les culées, le toit et le platelage.

Le pont de Des Rivières est classé en 2015. Il sert encore à la circulation automobile. Le site est aménagé et accessible au public.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Brome-Missisquoi

Municipalité :

  • Notre-Dame-de-Stanbridge

Adresse :

  • chemin Saint-Charles

Localisation informelle :

Pont enjambant la rivière aux Brochets.

Latitude :

45° 9' 28.23"

Longitude :

-73° 3' 3.85"

Désignation cadastrale :

  • Lot 4 377 096

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Références

Notices bibliographiques :

  • ARBOUR, Gérald, Fernand CARON et Jean LEFRANÇOIS. Les ponts couverts au Québec. Québec, Les Publications du Québec, 2005. 216 p.
  • THIBAULT, Henri-Paul. Les ponts couverts du Québec : évaluation patrimoniale. Québec, Ministère de la Culture, 1993. s.p.

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