Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site du patrimoine des villas King et Harding et du cimetière familial King et Harding

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Saint-Pacôme

Date :

  • 1903 – 1904 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Personnes associées (9)

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Carte

Description

Le site du patrimoine des villas King et Harding et du cimetière familial King et Harding est un vaste domaine bourgeois aménagé au début du XXe siècle. Il se compose de deux résidences, de leurs dépendances et du cimetière familial. Il inclut également le terrain paysager. Les deux villas d'influence néo-Queen Anne présentent un plan rectangulaire de deux étages et demi et un parement en bardeaux de bois. Elles sont coiffées d'un toit à croupes surmonté de plusieurs pignons et lucarnes. Une vaste galerie couverte ceinture ces demeures. Les dépendances présentent aussi un plan rectangulaire et un parement en bois. Le lieu de sépulture, aménagé à l'extrémité ouest du domaine, se compose d'un terrain au relief peu accusé planté d'arbres matures. Il comprend aussi une douzaine de monuments funéraires. Le cimetière est délimité par une clôture et des arbres. Le site est implanté sur la rive ouest de la rivière Ouelle, à l'écart du premier noyau villageois de la municipalité de Saint-Pacôme.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure des bâtiments et aux terrains.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Saint-Pacôme) 2004-08-02
 

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Valeur patrimoniale

Le site du patrimoine des villas King et Harding et du cimetière familial King et Harding présente un intérêt pour sa valeur historique. Il rappelle l'importance de l'industrie du bois dans le développement de la municipalité de Saint-Pacôme, pendant près d'un siècle. À partir de 1860, des industriels anglophones tentent d'exploiter les ressources forestières environnantes. Hugh McDonald, commerçant de bois à Rivière-du-Loup, acquiert plusieurs lots ainsi que les droits de coupe sur un vaste territoire. En 1862, il vend toutes ses propriétés à Charles King (décédé en 1876), originaire d'Angleterre. Ce dernier confie la gestion du moulin à scie de Saint-Pacôme à son fils, Edmund King (vers 1835-1905). Un second noyau de peuplement se forme alors sur la rive ouest de la rivière Ouelle, à proximité du moulin à scie. En 1903, la famille King vend ses actifs de Saint-Pacôme à la River Ouelle Pulp and Lumber Company. La construction des vastes résidences par Edmund King et son fils Sydney (1881-1946), à proximité de leur moulin à scie, illustre la prospérité de ces industriels. Elles démontrent aussi leur rôle majeur dans la croissance économique de la municipalité. Par ailleurs, la présence du cimetière familial des King et des Harding, apparentés aux premiers par alliance, témoigne également de l'établissement de familles anglophones dans la région, à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.

Le site du patrimoine présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Les deux villas constituent des exemples représentatifs de l'influence du style néo-Queen Anne dans l'architecture domestique québécoise au tournant du XXe siècle. Vers 1875, certains architectes britanniques marient des caractéristiques du mouvement pittoresque ou d'inspiration médiévale à des éléments issus du classicisme géorgien. Ils nomment ce style en référence à Anne Stuart, souveraine d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande de 1702 à 1714. La popularité du néo-Queen Anne gagne les États-Unis où la brique est souvent remplacée par un parement en bardeaux de bois. Cette variante étasunienne, qualifiée de style « shingle », gagne le Québec à la fin du XIXe siècle. Le style néo-Queen Anne est particulièrement populaire dans les milieux bourgeois anglophones, grâce à ses origines britanniques. Il est caractérisé, entre autres, par les plans et les toits irréguliers, les nombreuses saillies et la diversité des éléments ornementaux. La maison King-Harding, datant de 1903, et la maison King, construite de 1903 à 1904, sont représentatives de l'architecture néo-Queen Anne. Elles se distinguent notamment par leur haut toit à croupes complété de plusieurs pignons et lucarnes, les baies en saillie, la partie supérieure des pignons disposée en encorbellement et les galeries couvertes qui s'étendent sur trois ou quatre côtés. Les villas montrent aussi l'apport de la variante dite « shingle » par leur parement en bardeaux de bois et leur ornementation plus sobre, constituée principalement de la diversité des formes des ouvertures. En outre, les dépendances s'intègrent à l'ensemble par leur parement en bois et la forme des fenêtres et des lucarnes qui rappelle celles des résidences.

Le site du patrimoine présente en outre un intérêt pour sa valeur paysagère. Il témoigne du caractère pittoresque recherché au tournant du siècle pour l'établissement des domaines bourgeois. Son implantation à proximité de la rivière, la présence de nombreux arbres matures ainsi que les percées visuelles créées par l'aménagement paysager participent à ces effets pittoresques. Par ailleurs, le cimetière illustre l'aménagement typique des lieux de sépulture familiaux. Son implantation dans un secteur retiré du domaine, son intégration discrète à l'environnement naturel, ses limites marquées par une clôture et une rangée d'arbres ainsi que la sobriété des stèles sont caractéristiques des cimetières ruraux de petites dimensions.

Source : Municipalité de Saint-Pacôme, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site du patrimoine des villas King et Harding et du cimetière familial King et Harding liés à ses valeurs historique, paysagère et architecturale comprennent, notamment :
- son implantation sur la rive ouest de la rivière Ouelle, à l'écart du premier noyau villageois;
- l'implantation sur un terrain au relief peu accusé planté d'arbres matures;
- le tracé sinueux des allées en gravier;
- l'aménagement du cimetière, dont sa situation en retrait à l'extrémité ouest du domaine, ses limites marquées par une clôture et une rangée d'arbres, les arbres matures disséminés sur le terrain ainsi que la sobriété des stèles (dont six identiques dans la partie ouest, réservée à la famille Harding);
- les sépultures de membres des familles King et Harding, dont Marie-Julienne Courcy (1845-1924), épouse d'Edmund King (vers 1835-1905), Sydney King (1881-1946), ses deux épouses, Angelina Michaud (1882-1917) et Yvonne Dubé (1896-1975), Ida King (1890-1961), Harold Alfred Harding (1883-1973) et ses enfants, Vivian (1915-1974) et Vernon Harding (1923-1976);
- les dimensions imposantes des résidences et la présence de plusieurs dépendances, dont le garage, le hangar à voitures à chevaux, l'écurie et l'ancienne maison des domestiques;
- les caractéristiques des villas King et Harding, notamment leur volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi, le haut toit à croupes, les avant-corps, les pignons (certains avec une partie supérieure en encorbellement) et la galerie couverte ceinturant les demeures sur trois ou quatre côtés, les matériaux, dont les fondations en pierre, le parement en bardeaux de bois, la couverture en bardeaux, les avant-toits couverts de tôle ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois, les ouvertures, dont les baies en saillie, les fenêtres rectangulaires à battants et à grands carreaux (certaines à imposte), les fenêtres carrées, la disposition jumelée ou groupée de certaines fenêtres, les ouvertures ovales, les portes en bois (certaines à double vantail, à imposte et à baies latérales), les lucarnes à croupe ou à toit en appentis ainsi que les chambranles, l'ornementation, dont les balustrades et les supports menuisés, les consoles jumelées, les planches cornières, l'utilisation de bardeau décoratif, les petits bois et les grilles ornementales en fer forgé des portes, ainsi que les hautes souches de cheminée en brique;
- les caractéristiques des dépendances, notamment leur volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage ou un étage et demi ainsi que les toits à deux versants droits, en pavillon ou à demi-croupes, les matériaux, dont les fondations en pierre, les parements en bardeaux de bois, en planches ou en bardeaux d'amiante ainsi que les couvertures en bardeaux ou en tôle, les ouvertures, dont les portes en bois (certaines à double vantail ou à glissière), les fenêtres rectangulaires ou carrées à grands carreaux (certaines jumelées) et les lucarnes à croupe, l'ornementation sobre, constituée principalement des chambranles simples et des planches cornières, ainsi que les souches de cheminée en brique.

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Informations historiques

Le site du patrimoine des villas King et Harding et du cimetière familial King et Harding est aménagé dans un secteur de Saint-Pacôme qui prend son expansion dans la deuxième moitié du XIXe siècle. En 1860, Hugh McDonald, commerçant de bois à Rivière-du-Loup, acquiert plusieurs lots ainsi que les droits de coupe sur un vaste territoire. En 1862, après l'échec d'une drave, il vend toutes ses propriétés à Charles King (décédé en 1876), homme d'affaires de Lyster d'origine britannique. Ce dernier confie la gestion du moulin à scie de Saint-Pacôme à son fils, Edmund King (vers 1835-1905). Un second noyau de population se forme alors à Saint-Pacôme, sur la rive ouest de la rivière Ouelle, à proximité du moulin à scie. Le développement de l'industrie forestière entraîne l'établissement d'autres familles anglophones, généralement de foi anglicane, notamment les Harding. La famille King demeure propriétaire du moulin à scie de Saint-Pacôme et des droits de coupe dans la région jusqu'en 1903. Ses propriétés sont alors vendues à la River Ouelle Pulp and Lumber Company.

La même année, Edmund King se fait construire une villa sur le domaine familial. Son fils Sydney (1881-1946) fait de même. Les deux résidences sont à proximité l'une de l'autre. La construction de cette dernière se termine en 1904. Les deux villas sont agrandies et transformées en 1912 et 1913. En 1924, au décès de la veuve d'Edmund, Marie-Julienne Courcy (1845-1924), leur fille Ida (1890-1961) s'installe avec son époux, Harold Alfred Harding (1883-1973), dans la demeure d'Edmund King. En 1925, un tremblement de terre endommage quatre des cinq foyers de la résidence de Sydney King. Ils sont démolis par la suite.

Plusieurs dépendances sont également construites près des villas, dont un garage, un hangar à voitures à chevaux, une écurie et une maison pour les domestiques. Un cimetière familial est également aménagé à l'extrémité ouest du domaine pour recevoir les dépouilles des membres des familles King et Harding. L'autorisation de créer ce lieu de sépulture est donnée en août 1919 par le Conseil supérieur d'hygiène de la province de Québec. Il est divisé en deux sections, la partie ouest étant réservée à la famille Harding et la partie est, aux King. Cette deuxième section est elle-même divisée en deux, une moitié étant réservée aux catholiques et l'autre moitié aux anglicans. Au fil des ans, sept stèles sont dressées dans la section des King et six monuments identiques sont érigés du côté des Harding. Dans le cimetière se retrouvent notamment les sépultures de Marie-Julienne Courcy, de Sydney King, de ses deux épouses, Angelina Michaud (1882-1917) et Yvonne Dubé (1896-1975), ainsi que celles de leurs enfants. Ida King, Harold Alfred Harding et leurs enfants, Vivian (1915-1974) et Vernon Harding (1923-1976), y sont aussi inhumés.

En 1986, un couple acquiert l'ancienne demeure de Sydney King, les dépendances et le terrain. Ils transforment l'ancienne maison des domestiques en gîte du passant. Ils aménagent également de grands jardins de fleurs et les rendent accessibles au public. Ces jardins constituent un attrait touristique important de la municipalité de Saint-Pacôme jusqu'en 2000.

Le site du patrimoine des villas King et Harding et du cimetière familial King et Harding est constitué en 2004. Ce bien est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • Kamouraska

Municipalité :

  • Saint-Pacôme

Latitude :

  • 47° 24' 8.8"

Longitude :

  • -69° 57' 30.8"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Kamouraska Paroisse de Saint-Pacôme Absent 166 ptie
172
175 ptie
177
178
179
180
183 ptie
194 ptie
196 ptie

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • LÉVESQUE, Yves. Saint-Pacôme, 1851-2001. Saint-Pacôme de Kamouraska, Corporation des fêtes du 150e de St-Pacôme, 2001. s.p.
  • s.a. Album souvenir, 125ème anniversaire St-Pacôme, 1851-1976. Québec, Guillot Publicité, 1976. s.p.

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