Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph

Statuts

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Synthèse

En 1692 à Montréal, Jean-François Charon de la Barre fonde les Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph, mieux connus sous le nom de Frères Charon, une communauté hospitalière et enseignante d'hommes, qui s'occupe des plus démunis.

Dès 1688, Charon, un marchand prospère de Montréal, conçoit l'idée d'ouvrir un établissement pour venir en aide aux pauvres de la ville. Les frères Pierre Le Ber et Jean-Vincent Le Ber Du Chesne ainsi que Jean Fredin s'associent à son projet. Charon et ses partenaires reçoivent, cette même année, un terrain à la pointe à Callière. Ils y ouvrent, en 1692, une maison de charité afin d'accueillir les pauvres, les malades, les mendiants, les vieillards et les orphelins. L'établissement est reconnu officiellement par le roi Louis XIV en 1694 et prend alors le nom d'Hôpital général de Montréal.

La reconnaissance officielle de la communauté de frères est longue à obtenir. Ayant reçu l'accord de Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, une première profession a lieu le 17 mai 1702, alors que six frères prennent l'habit après une année de noviciat. À cette époque, Louis XIV refuse la création de nouveaux ordres religieux, et il interdit donc, en 1706, aux Frères hospitaliers d'émettre des voeux et ces derniers sont astreints, deux ans plus tard, à porter l'habit séculier. L'avenir de la communauté est miné par le refus du roi. Quelques-uns des frères la quittent et le recrutement de nouveaux membres est de plus en plus laborieux.

Les oeuvres des Frères Charon se développent graduellement. Dès 1694, l'hôpital se dote d'une école primaire afin d'instruire les orphelins. Dans le but d'apprendre certains métiers aux enfants, Charon crée, à partir de 1699, de petites industries sur les lieux de l'hôpital, telles qu'une manufacture de bas, une brasserie, un pressoir à cidre et un moulin à vent. Il obtient, en 1718, les lettres patentes qui confirment et étendent les fins de l'institut. Il peut notamment recruter des maîtres pour enseigner gratuitement aux garçons des campagnes. Cette cause est soutenue financièrement par le roi, mais l'embauche d'enseignants, qui s'effectue en France, est difficile.

En 1719, Charon, revenant d'un voyage en France, meurt sur le bateau du retour. Cette même année, Louis Turc de Castelveyre le remplace à la tête de l'Hôpital général. Trois ans plus tard, il prend le nom de frère Chrétien au moment de sa profession, alors que la Cour ne s'oppose plus à l'émission des voeux et au port de l'habit religieux par les Frères Charon.

À cette époque, la communauté religieuse se tourne de plus en plus vers l'enseignement. En 1724, elle charge le frère Chrétien de fonder, en France, une école normale pour former des maîtres. L'entreprise se révèle catastrophique et le frère Chrétien contracte de lourdes dettes. Destitué de son poste de supérieur en 1728, il poursuit les Frères Charon afin qu'ils soient tenus responsables des emprunts. Castelveyre gagne sa cause et, à l'issue du procès en 1735, la communauté est fortement endettée. De plus, depuis 1731, elle ne reçoit plus de subvention royale et l'évêque, Mgr Pierre-Herman Dosquet, lui interdit de recruter de nouveaux membres. À court de ressources financières et humaines, la communauté décline rapidement.

À l'été 1747, il ne reste plus que deux frères Charon très âgés et incapables de continuer leur travail. Leurs écoles sont fermées et l'Hôpital général, qui tombe en ruines, ne compte plus que quatre patients. L'hôpital est alors confié aux Soeurs de la Charité de Montréal, connues sous le nom de Soeurs grises. Les Frères Charon, qui ont compté en tout 33 membres, s'éteignent. Leur oeuvre hospitalière survit et prospère sous l'administration des religieuses.

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Références

Notices bibliographiques :

  • D'ALLAIRE, Micheline. Les communautés religieuses de Montréal. Les communautés religieuses et l'assistance sociale à Montréal 1659-1900. Vol. 1. Montréal, Éditions du Méridien, 1997. 168 p.
  • FERLAND-ANGERS, Albertine. « Charon de La Barre, François ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • POUTET, Yves. « Les voeux des Frères Charon, hospitaliers-enseignants ». Revue d'histoire de l'Église de France. Vol. 49, no 146 (1963), p. 19-45.
  • Vieux-Montréal. « Fiche d'une société : Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph en 1725 ». Société de développement de Montréal. Vieux-Montréal [En ligne]. http://www.vieux.montreal.qc.ca/

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