Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Fumoirs de la Pointe-Basse

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • Les Îles-de-la-Madeleine

Date :

  • 1939 – 1940 (Construction)

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Industrie de la transformation du poisson et des mammifères marins)

Éléments associés

Personnes associées (1)

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Description

Les fumoirs de la Pointe-Basse forment un ensemble de trois bâtiments industriels construits en 1939 et 1940. Les deux fumoirs sont de vastes édifices en bois de plan rectangulaire, à deux étages et demi, coiffés d'un toit à deux versants droits. Le troisième bâtiment, également en bois et de plan rectangulaire, comporte deux étages et est couvert d'un toit à deux versants de faible pente. Il est prolongé par deux annexes latérales de forme similaire et disposées en enfilade. Les fumoirs de la Pointe-Basse sont situés en bordure du chemin du Quai, dans le village de Havre-aux-Maisons de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine.

Ces biens sont cités immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure des bâtiments.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Immeuble patrimonial Municipalité (Les Îles-de-la-Madeleine) 2006-01-17
 

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Valeur patrimoniale

Les fumoirs de la Pointe-Basse présentent un intérêt patrimonial pour leur valeur historique reposant sur leur représentativité par rapport à un type de bâtiment traditionnel des Îles-de-la-Madeleine, soit le fumoir à hareng. Entre le début du XXe siècle et le tournant des années 1970, l'archipel compte une quarantaine de bâtiments semblables. L'industrie du hareng fumé est alors florissante et fournit du travail à des centaines de personnes, hommes et femmes, d'avril à septembre. Le fumoir, aussi appelé « boucanerie », est un grand hangar en bois situé à proximité d'un port. Il sert au fumage du poisson, principalement le hareng qui abonde sur les côtes des îles à l'époque. À l'intérieur de l'édifice, on suspend les poissons embrochés jusqu'au faîte; une fumée dense provient de feux de bois allumés au sol et alimentés jour et nuit pendant environ deux mois. La ventilation du bâtiment se fait par une série d'ouvertures munies de panneaux de bois coulissants sur les façades latérales. Elle se fait aussi par le chapeau, une ouverture sur le faîte de la toiture, qui laisse sortir la fumée. Les fumoirs de la Pointe-Basse sont construits de cette manière, selon le savoir-faire local. La forme de chaque édifice est indissociable de sa fonction et ne comporte aucun ornement. Le complexe de la Pointe-Basse constitue un bon exemple de fumoir à hareng madelinot ayant conservé son authenticité. Par ailleurs, il s'agit des derniers fumoirs subsistant aux îles. Les autres boucaneries ont disparu progressivement après la pénurie de hareng, qui survient au début des années 1970. La capture massive de ce poisson à l'aide de bateaux modernes dans les années 1960 provoque une quasi-extinction de l'espèce. Dans les années d'abondance, le hareng fumé est expédié en Haïti et en République dominicaine par le port d'Halifax. La valeur marchande du produit finit cependant par diminuer. Ces facteurs ont raison de l'industrie et entraînent l'abandon, puis la démolition des fumoirs. Les fumoirs de la Pointe-Basse sont eux aussi abandonnés pendant plusieurs années. Ils sont restaurés au milieu des années 1990 et témoignent aujourd'hui de l'histoire économique de l'archipel.

Les fumoirs de la Pointe-Basse présentent aussi un intérêt patrimonial pour leur valeur ethnologique. Ouvert en 1996, le Fumoir d'Antan reprend les techniques ancestrales de fumage du poisson dans l'un des deux fumoirs. Ceux-ci appartiennent à la famille Arseneau depuis trois générations. L'autre fumoir est transformé en centre d'interprétation et explique au public le procédé et l'histoire de cette activité. Le Fumoir d'Antan, qui fait partie du réseau des économusées du Québec depuis 2001, participe à la transmission d'un savoir-faire important.

Les fumoirs de la Pointe-Basse présentent en outre un intérêt patrimonial pour leur valeur historique liée à leur implantation. Situés à proximité du quai de la Pointe-Basse, les fumoirs sont en étroite relation avec celui-ci. À l'origine, le poisson est transporté du quai jusqu'au troisième bâtiment situé à côté des fumoirs où il est salé et préparé pour le fumage. L'absence presque totale de délimitation du terrain ainsi que le manque de fondations au niveau du sol accentuent l'effet de continuité avec le port et son activité intense. Le site a toujours été l'hôte de constructions liées à l'industrie de la pêche. L'emplacement des fumoirs est indissociable de leur fonction.

Source : Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques des fumoirs de la Pointe-Basse liés à leurs valeurs historique et ethnologique comprennent, notamment :
- le volume des deux fumoirs, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi et le toit haut à deux versants droits;
- le volume du troisième bâtiment, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit à deux versants inégaux et à faible pente et les annexes latérales;
- les ouvertures des fumoirs, dont les chapeaux au faîte du toit, la série d'ouvertures latérales à panneaux de bois coulissants et les larges portes à double battant;
- les matériaux, dont le bois des charpentes et des ouvertures, le parement en bardeau de bois des façades, la couverture en tôle des fumoirs;
- l'absence d'ornement;
- la construction des bâtiments à même le sol;
- leur situation à proximité du quai de la Pointe-Basse;
- l'absence presque totale de délimitation du terrain;
- leur proximité les uns des autres et la disposition en ensemble.

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Informations historiques

Les fumoirs de la Pointe-Basse sont construits en 1939 et 1940 par Fabien Arseneau, à proximité du quai de la Pointe-Basse à Havre-aux-Maisons. Le fumoir, aussi appelé « boucanerie », est un grand hangar en bois situé à proximité d'un port. Il sert au fumage du poisson, principalement le hareng qui abonde sur les côtes des Îles-de-la-Madeleine à l'époque. L'archipel compte alors une quarantaine d'établissements semblables. L'industrie du hareng fumé, commencée au début du siècle, est en pleine expansion et emploie environ 1200 personnes entre avril et septembre. Comme Fabien Arseneau, les propriétaires de boucaneries possèdent leur propre équipement pour la pêche (filets, seines, trappes, bateaux) et le fumage.

L'ensemble de bâtiments de la Pointe-Basse comprend deux fumoirs. Ces édifices sont construits selon le savoir-faire local, et leur forme est indissociable de leur fonction. Ils comportent une série d'ouvertures caractéristiques des fumoirs destinées à l'échappement de la fumée, et leurs façades ne possèdent aucun ornement. Un troisième édifice fait partie de l'ensemble : c'est l'endroit où l'on sale et prépare les poissons pour le fumage. Jeunes hommes et jeunes femmes y travaillent à embrocher les poissons puis, une fois le poisson fumé, à empaqueter le produit dans des caisses en bois. Le produit est expédié en Haïti et en République dominicaine par le port d'Halifax.

Dans les années 1960, de grands bateaux industriels permettent une capture massive du hareng. Ils participent ainsi à la quasi-extinction de l'espèce dans le golfe du Saint-Laurent. De plus, la valeur marchande du hareng fumé diminue. Tous ces facteurs amènent à l'abandon progressif des fumoirs des îles dans les années 1970.

Les fumoirs de la Pointe-Basse, eux aussi abandonnés, sont toutefois remis en état en 1996 par les petits-enfants de Fabien Arseneau. Reprenant la technique ancestrale du fumage du poisson, la famille Arseneau fonde Le Fumoir d'Antan. L'entreprise est constituée d'un fumoir toujours en activité, d'un centre d'interprétation et d'un magasin où l'on vend le hareng fumé. Le Fumoir d'Antan fait partie du réseau des économusées du Québec depuis 2001.

Les fumoirs de la Pointe-Basse sont cités en 2006.

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Emplacement

Region administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

MRC :

  • Les Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • Les Îles-de-la-Madeleine

Adresse :

  • 27, chemin du Quai Nord

Lieux-dits :

  • Havre-aux-Maisons
  • Pointe-Basse

Latitude :

  • 47° 23' 29.0"

Longitude :

  • -61° 47' 24.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Îles-de-la-Madeleine Île-du-Havre-aux-Maisons Absent 1029-4-P

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • FORTIN, Jean-Charles. Les Îles-de-la-Madeleine. s.l. Les Éditions de l'IQRC, 2004. 190 p.
  • LANDRY, Frédéric. Laboureurs du Golfe. Havre-Aubert, Le Marteloire, 1985. 239 p.
  • LANDRY, Frédéric. Pêcheurs de métier. Havre Aubert, La Boussole, 1987. 248 p.
  • RIVIÈRE, Sylvain. Dans le sillage des découvrances : trentième anniversaire du Musée de la mer des Îles-de-la-Madeleine, Québec. s.l. Éditions La Boussole / Humanitas, 1999. 307 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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