Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Pont Jean-De La Lande

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Pont Masson

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Salaberry-de-Valleyfield

Date :

  • 1894 – 1895 (Construction)

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Ponts et ouvrages de génie)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (1)

Carte

Description

Le pont Jean-De La Lande est un ouvrage de génie civil construit en 1894 et 1895. Ce pont comporte une seule travée mesurant 48,8 mètres de long et 4,9 mètres de large. Sa structure métallique à poutres triangulées articulées est du type « camelback ». L'ouvrage repose sur des culées en béton et présente un tablier en bois. Le pont Jean-De La Lande permet de franchir l'ancien canal de Beauharnois, dans la ville de Salaberry-de-Valleyfield.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il est situé dans le site patrimonial de l'Entrée-Supérieure-de-l'Ancien-Canal-de-Beauharnois.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-02-02
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Reconnaissance
 

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Valeur patrimoniale

Le pont Jean-De La Lande présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le pont témoigne des efforts déployés par le gouvernement du Canada en vue d'améliorer les infrastructures routières au tournant du XXe siècle. En 1894, le ministère des Chemins de fer et des Canaux décide de faire construire le pont Jean-De La Lande, alors nommé pont Masson, du nom de la route qui permet de relier les secteurs de Saint-Timothée et de Grande-Île en enjambant la rivière Saint-Charles, un bras du fleuve Saint-Laurent. Un premier pont en bois avait été construit à cet emplacement au milieu du XIXe siècle lors de la réalisation du premier canal de Beauharnois, une voie d'eau artificielle creusée de 1842 à 1845. La structure a été remplacée par un pont du même type en 1862. Les piles de l'ouvrage nuisent cependant à l'écoulement des eaux de la rivière. À la fin du XIXe siècle, il s'avère nécessaire de remplacer le pont en bois par une structure en acier supportée par des culées construites de chaque côté de la rive. Les travaux sont entrepris en décembre 1894. John C. Hague effectue les travaux de maçonnerie, alors que la Dominion Bridge Company Limited entreprend la réalisation de la structure métallique. Cette compagnie, fondée en 1882 et établie à Lachine, se spécialise dans la conception et la fabrication de charpentes en acier. L'entreprise obtient rapidement de nombreux contrats de compagnies ferroviaires et des autorités gouvernementales. Elle participera à la construction de plusieurs ponts et édifices importants à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe siècle, tels que les ponts Alexandra (Gatineau-Ottawa), Jacques-Cartier (Montréal) et Laviolette (Trois-Rivières), le pont de Québec ainsi que la gare Windsor (Montréal). Le pont Masson est achevé en 1895. Il est remplacé en 1936 par une autre structure réalisée par la même compagnie. Le pont de 1894 est racheté l'année suivante par la ville de Salaberry-de-Valleyfield. La structure, renommée pont Jean-De La Lande, est ensuite déplacée sur l'ancien canal de Beauharnois, fermé au trafic maritime depuis 1907. La voie d'eau est rouverte à la navigation de plaisance au début du XXIe siècle. Le pont est démonté en 2006 et est réinstallé sur une autre partie du canal en 2011. Le pont Jean-De La Lande rappelle ainsi les besoins changeants du transport routier et maritime et leurs impacts sur les structures anciennes.

Le Jean-De La Lande présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique. L'ouvrage est l'un des plus anciens exemples de pont métallique à poutres triangulées du type « camelback » subsistant au Québec. Ce genre de pont, surtout employé pour les voies ferrées, se caractérise par une corde supérieure polygonale à cinq pans qui lui donne une forme semblable au dos d'un chameau. Au Québec, ce type de structure n'a pas été souvent employé, puisque les ingénieurs privilégiaient habituellement, pour les petits ponts routiers, des charpentes simples composées d'une corde supérieure parallèle à la corde inférieure. Le pont Jean-De La Lande est également un des seuls ponts du type « camelback » de la province à être articulé, c'est-à-dire que ses poutres sont assemblées à l'aide de chevilles. Cette technique, qui précède celle du rivetage dans l'assemblage des joints, permettait d'ériger rapidement la structure d'un pont à faible coût. Malgré la popularité de ce type d'assemblage à la fin du XIXe siècle, peu d'exemples de ponts articulés, aussi appelés ponts goupillés, ont été conservés sur le territoire québécois. Le pont Jean-De La Lande constitue ainsi un témoin exceptionnel de l'ingénierie civile de la fin du XIXe siècle.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2012.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du pont Jean-De La Lande liés à ses valeurs historique et technologique comprennent, notamment :
- sa situation en milieu urbain, dans le site patrimonial de l'Entrée-Supérieure-de-l'Ancien-Canal-de-Beauharnois;
- son unique travée de 48,8 mètres de long et de 4,9 mètres de large;
- les matériaux, dont les pièces en acier;
- les caractéristiques de la structure, dont les poutres triangulées assemblées avec des chevilles, la corde supérieure polygonale à cinq pans du type « camelback », les barres à oeil et les pièces composées rivetées.

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Informations historiques

Le pont Jean-De La Lande est situé dans la ville de Salaberry-de-Valleyfield. La région, faisant partie de l'ancienne seigneurie de Beauharnois, est colonisée vers la fin du XVIIIe siècle. Les premiers habitants s'installent dans les futurs secteurs de Saint-Timothée et de Grande-Île. Les deux localités sont séparées par la rivière Saint-Charles, un bras du fleuve Saint-Laurent. Un premier pont routier en bois, reliant les deux endroits, est érigé au milieu du XIXe siècle par le gouvernement du Canada lors du creusage du premier canal de Beauharnois, une voie d'eau aménagée de 1842 à 1845 pour faciliter le transport fluvial sur le fleuve Saint-Laurent. Ce pont est remplacé en 1862 par une structure du même type. Les piles massives qui supportent l'ouvrage nuisent toutefois à l'écoulement des eaux de la rivière et favorisent la formation d'embâcles. Le ministère des Chemins de fer et des Canaux décide de remplacer le pont par une structure en acier supportée par des culées construites de chaque côté de la rive.

La construction du pont, aujourd'hui connu sous le nom de pont Jean-De La Lande, commence en décembre 1894. John C. Hague est alors engagé pour ériger des culées en maçonnerie. La réalisation de la structure en acier est confiée à la Dominion Bridge Company Limited, une entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de structures en acier. Cette compagnie, fondée en 1882, participera à la construction de plusieurs ponts et édifices importants à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe siècle, tels que les ponts Alexandra (Gatineau-Ottawa), Jacques-Cartier (Montréal) et Laviolette (Trois-Rivières), le pont de Québec ainsi que la gare Windsor (Montréal).

Le pont est inauguré au printemps 1895. À l'époque, l'ouvrage est nommé pont Masson puisqu'il est situé dans le prolongement de la rue du même nom. Pour réaliser cette structure, la compagnie s'est inspirée des ponts ferroviaires de la fin du XIXe siècle. L'ouvrage est un pont métallique à poutres triangulées du type « camelback ». Cette structure se distingue par sa corde supérieure polygonale à cinq pans qui lui donne une forme semblable au dos d'un chameau. Les poutres de l'ouvrage sont articulées, c'est-à-dire qu'elles sont assemblées avec des chevilles. Il s'agit d'un des plus anciens ponts de ce genre subsistant au Québec.

Dans les premières décennies du XXe siècle, le trafic routier augmente rapidement, et le pont ne répond plus aux besoins. Le gouvernement du Canada commande un nouveau pont à la Dominion Bridge Company Limited. Ce pont est construit en 1936, à seulement quelques mètres du pont Masson. L'année suivante, le conseil municipal de Salaberry-de-Valleyfield acquiert l'ouvrage en acier. À la suite d'une proposition de la Société Saint-Jean-Baptiste, l'ouvrage est renommé Jean-De La Lande, pour honorer ce martyr de la Nouvelle-France mort en 1646. Le pont est transporté sur l'ancien canal de Beauharnois, fermé à la navigation depuis 1907, et il est installé dans l'axe de la rue Laroque, à plus de six kilomètres de son emplacement original. Il permet alors de relier le centre-ville au parc Delpha-Sauvé, et devient un pont piétonnier.

Au début du XXIe siècle, la municipalité projette de revitaliser l'ancien canal de Beauharnois et de rouvrir une partie de la voie d'eau à la navigation de plaisance. Le pont Jean-De La Lande nuit cependant à ce projet, et il est menacé de démolition. En 2006, la structure est démontée et entreposée. En 2010, les autorités municipales annoncent la réinstallation de l'ouvrage sur une autre partie de l'ancien canal. La structure est remontée au cours des mois de février et mars 2011.

Le pont Jean-De La Lande est classé en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Beauharnois-Salaberry

Municipalité :

  • Salaberry-de-Valleyfield

Lieux-dits :

  • Valleyfield

Latitude :

45° 15' 25.902"

Longitude :

-74° 7' 34.243"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 820 918 Ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • GRENIER, Daniel. « Du pont Masson au pont Jean-de-Lalande ». Journal Saint-François, 15 septembre 2010, s.p.
  • GRENIER, Daniel. « Le pont Jean-de-Lalande renoue avec le vieux canal ». Journal Saint-François, 16 février 2011, s.p.
  • MORAND, Normand. « Le pont Jean-de-Lalande relocalisé dès l'an prochain ». Le Soleil de Valleyfield, 20 mars 2010, s.p.
  • PITRE, Mario. « Le pont Jean-de-Lalande reconstruit pour l'été 2011 ». Le Soleil de Valleyfield, 30 octobre 2010, s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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