Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Mathias

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

Municipalité :

  • Saguenay

Thématique :

  • Patrimoine de la modernité

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

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Description

Le site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Mathias est un ensemble religieux de tradition catholique. Le site comprend un presbytère construit en 1958 et une église érigée en 1964 et 1965. Le lieu de culte en béton est formé d'un plan en losange tronqué et est coiffé d'un toit pyramidal. La maison curiale, aussi de facture moderne, présente un plan rectangulaire à deux étages et est surmontée d'un toit plat. L'ensemble, implanté au centre d'un vaste terrain paysager, se situe dans un quartier résidentiel et institutionnel du secteur Arvida dans l'arrondissement municipal de Jonquière de la ville de Saguenay.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure des bâtiments et aux terrains sur lesquels ils s'élèvent.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Saguenay) 2006-05-01
 

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Valeur patrimoniale

Le site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Mathias présente un intérêt pour sa valeur architecturale. Le presbytère et le lieu de culte sont représentatifs de l'architecture moderne. Celle-ci apparaît notamment en Europe au tournant des années 1920 et se manifeste au Québec à partir de la décennie 1950. Cette architecture moderne se caractérise par une apparence dépouillée, des jeux de volumes et l'utilisation de matériaux à l'état brut. L'église de Saint-Mathias en constitue un exemple, notamment par ses formes asymétriques et irrégulières. Elle est composée d'un plan centré en losange tronqué coiffé d'un toit pyramidal. Un bandeau de fenêtres crée un espace entre le toit et les murs, distinguant ces deux éléments. Le soir, cet effet est accentué par l'éclairage intérieur. Le presbytère, aussi de facture moderne, se caractérise plutôt par l'accentuation des lignes horizontales marquées par l'alignement des fenêtres, les balcons en angle et en saillie ainsi que le toit plat. Ces bâtiments témoignent de l'influence des principes de l'architecture moderne sur l'architecture religieuse du Québec, dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Le site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Mathias présente en outre un intérêt pour sa valeur historique. Il est un bon exemple de l'expansion des villes québécoises, dans les années 1950 et 1960. Après la Deuxième Guerre mondiale, la forte croissance démographique et une accessibilité accrue à la propriété entraînent le lotissement de nouveaux quartiers résidentiels. À Arvida, l'augmentation de la population s'explique par l'essor de la compagnie Alcan attribuable à la hausse de la demande en aluminium depuis la guerre de 1939 à 1945. Ville industrielle, aménagée pour loger les employés de l'usine, les nouveaux secteurs permettent d'accueillir plus de travailleurs. À cette époque, la religion est au coeur des pratiques culturelles. La construction de lieux de culte dans ces quartiers naissants s'avère alors essentielle. L'expansion de la ville d'Arvida nécessite donc la création de paroisses et d'églises pour répondre aux besoins des nouveaux résidents. L'église et le presbytère sont ainsi érigés en plein coeur d'un secteur résidentiel. Les deux édifices sont mis en valeur par leur implantation isolée, au centre d'un vaste îlot paysager. Le site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Mathias rappelle l'époque de prospérité de l'ancienne ville d'Arvida et constitue un témoin de l'implantation des petits ensembles institutionnels de quartiers.


Source : Ville de Saguenay, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Mathias liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- la localisation de l'église et du presbytère au centre d'un îlot, sur un vaste terrain paysager;
- son emplacement à proximité d'une école primaire dans un quartier résidentiel et institutionnel;
- les caractéristiques de l'église de Saint-Mathias, notamment son volume, dont le plan centré en losange tronqué, le parvis couvert, le clocher situé dans le prolongement du toit pyramidal courbé ainsi que le chemin couvert, les matériaux, dont le béton brut de décoffrage et le bardeau d'asphalte, les ouvertures, dont le bandeau de fenêtres, les fenêtres rectangulaires hautes et étroites, les baies triangulaires et les portails entièrement vitrés à double vantail et à large imposte (certains sont dotés de baies latérales), ainsi que l'ornementation simple, dont la croix surmontant le clocher;
- les caractéristiques du presbytère, notamment son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages, le toit plat, le soubassement surhaussé ainsi que les balcons couverts en angle et en saillie, les matériaux, dont le parement en stuc, la pierre à bossage du soubassement ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en bois ou en béton, les ouvertures, dont le bandeau de fenêtres, les fenêtres rectangulaires (dont certaines à guillotine), la grande baie rectangulaire, les petites fenêtres carrées, les soupiraux, les portails (composés d'une porte pleine, d'une imposte et de baies latérales à grands carreaux), la porte vitrée et les portes de garage, l'ornementation, dont la croix en béton et les montants en bois encadrant les fenêtres, ainsi que les garages en annexe.

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Informations historiques

Le site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Mathias est aménagé plusieurs années après la fondation de la ville d'Arvida par l'aluminerie Alcoa, qui devient plus tard la compagnie Alcan. Dès 1925, le projet d'établir une usine d'aluminium dans les environs de la rivière Saguenay se confirme. Trois plans d'aménagement se succèdent entre 1926 et 1942. Le troisième projet d'urbanisme élabore un prolongement de la ville vers le sud. Sa mise en oeuvre s'accélère vers 1949 pour répondre à une croissance rapide de la population. Alcan et la Wartime Housing implantent de nouvelles maisons. Ce contexte favorise la création de paroisses, dont celle de Saint-Mathias en 1955. Elle est formée à partir du démembrement des paroisses Saint-Jacques, Sainte-Marie-Médiatrice de Jonquière et Saint-Antoine de Chicoutimi. La même année, le presbytère est établi temporairement dans une résidence. Au cours de la première décennie, les célébrations liturgiques se déroulent dans le gymnase de l'école Sainte-Lucie, située à proximité du site actuel.

En 1958, les architectes Alfred Lamontagne (1883-1967) et Armand Gravel (1895-1980) conçoivent le presbytère. Ce duo d'architectes est prolifique au Saguenay. En 1964 et 1965, l'église de Saint-Mathias est érigée selon les plans de l'architecte Jacques Coutu (né en 1927). Il reçoit d'ailleurs le Canadian Wood Design Award pour ce bâtiment. Le toit est l'objet de plusieurs réfections entre 1971 et 1998, dont le remplacement de la couverture initiale en cuivre par un recouvrement de bardeaux d'asphalte et la fermeture du lanterneau à cause des infiltrations d'eau.

En 2000, les paroisses Saint-Mathias et Saint-Jacques fusionnent pour former la paroisse Saint-Étienne. L'église de Saint-Mathias adopte ce nouveau nom. Une autre fusion, en 2005, intègre l'église dans la paroisse Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus. Le presbytère de Saint-Mathias devient le centre administratif de cette paroisse et héberge également des organismes sociaux.

Le site patrimonial de l'Église-de-Saint-Mathias est constitué en 2006. Ce bien est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

MRC :

  • Saguenay

Municipalité :

  • Saguenay

Arrondissement municipal :

  • Jonquière

Adresse :

  • rue Lévesque

Latitude :

48° 24' 30.0"

Longitude :

-71° 10' 16.8"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 292 625

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Références

Notices bibliographiques :

  • BERGERON, Claude. Architecture des églises du Québec : 1940-1985. Québec, Presses de l'Université Laval, 1987. 383 p.
  • HURNI, Jean-Claude et Laurent LAMY. Architecture contemporaine au Québec 1960-1970. Montréal, Hexagone, 1983. 179 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Jonquière, mémoires et lieux: Guide d'excursion et d'interprétation du patrimoine. Jonquière, Ministère de la culture et des communications, 1994. 103 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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