Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial de l'Église-Saint-Matthieu

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Matthieu
  • Site du patrimoine de l'Église-de-Sainte-Famille

Région administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

Municipalité :

  • Saguenay

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Groupes associés (3)

Personnes associées (6)

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Carte

Description

Le site patrimonial de l'Église-Saint-Matthieu est un ensemble religieux de tradition catholique comprenant une église, érigée de 1929 à 1931, et un presbytère construit de 1952 à 1953. Le lieu de culte en granit rose se compose d'une nef rectangulaire encadrée de bas-côtés et prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. Une sacristie de plan rectangulaire est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. Deux tours-clochers flanquent la façade. La maison curiale en pierre et en brique présente un plan rectangulaire à trois étages et est coiffée d'un toit mansardé percé de lucarnes. L'édifice est implanté au nord-est de l'église et un chemin couvert relie les deux édifices. L'ensemble domine un milieu institutionnel comprenant notamment une école et un ancien couvent. Le site est aménagé en bordure d'une intersection, dans le secteur de Kénogami de l'arrondissement municipal de Jonquière, dans la ville de Saguenay.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure des bâtiments et aux terrains.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Saguenay) 2006-05-01
 

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Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de l'Église-Saint-Matthieu présente un intérêt pour sa valeur historique. Le site témoigne de l'aménagement d'un ensemble institutionnel catholique dans une ville industrielle planifiée par des dirigeants anglophones. En 1911, la compagnie Price Brothers entreprend la construction d'une usine de pâtes et papiers en bordure de la rivière aux Sables. L'entreprise supervise également le développement urbain de la ville qui entoure l'usine. En 1912, l'arpenteur Elzéar Boivin dresse le plan de Kénogami. Le village se partage en deux quartiers, celui des Anglais à l'ouest et celui des ouvriers, principalement de foi catholique, à l'est. C'est dans ce dernier qu'est érigée une première chapelle catholique en 1912. Dans les années 1920 et 1930, la papeterie connaît une période de prospérité importante et la population de Kénogami augmente rapidement. La plupart des édifices institutionnels et publics du quartier ouvrier sont érigés à cette époque. La chapelle est remplacée par l'église actuelle en pierre, plus vaste, à partir de 1929. Le presbytère est quant à lui érigé en 1952. Le site patrimonial de l'Église-Saint-Matthieu rappelle donc la création d'un noyau religieux pour répondre aux besoins des ouvriers de tradition catholique.

Le site patrimonial de l'Église-Saint-Matthieu présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte est un exemple représentatif de l'architecture religieuse du début du XXe siècle au Québec. L'influence de l'École des Beaux-Arts de Paris se fait sentir et l'architecture monumentale s'inspirant des styles historiques est favorisée. Les architectes de l'église de Saint-Matthieu se sont inspirés des premières basiliques chrétiennes pour concevoir le lieu de culte. La nef rectangulaire terminée par un chevet en hémicycle, les bas-côtés, l'absence de transept, de même que le portique en façade sont caractéristiques des édifices paléochrétiens. La façade comporte également des éléments tirés de l'architecture médiévale, comme la rose et les lésènes, tout en conservant les tours-clochers très répandues dans l'architecture religieuse québécoise. Le presbytère témoigne quant à lui de la persistance de certaines formes courantes dans l'architecture domestique québécoise depuis le XIXe siècle, comme le toit mansardé percé de lucarnes, la composition symétrique de la façade et l'ornementation inspirée de l'architecture classique. Le premier niveau est doté d'un parement en granit rose similaire à celui de l'église, harmonisant l'ensemble. Les grandes dimensions de la maison curiale rappellent en outre la place importante de cet édifice dans la vie paroissiale. Le site patrimonial de l'Église-Saint-Matthieu témoigne donc de la diversité des styles architecturaux qui marquent l'architecture religieuse québécoise du XXe siècle.

Le site patrimonial de l'Église-Saint-Matthieu présente aussi un intérêt pour sa valeur historique découlant de son association avec les architectes Alfred Lamontagne (1883-1967), Armand Gravel (1895-1980), Sylvio Brassard (1898-1975) et Jean-Omer Marchand (1873-1936). Les trois premiers hommes sont des architectes qui oeuvrent principalement dans la région du Saguenay. Lamontagne construit notamment de nombreux édifices à Kénogami. Il travaille régulièrement avec Gravel, à qui il s'associe dans les années 1930. Pour concevoir les plans de l'église Sainte-Famille, renommée plus tard Saint-Matthieu, ils retiennent les services du jeune architecte jonquiérois Sylvio Brassard, qui dessine ultérieurement les plans du presbytère. Pour s'assurer de la rigueur du projet, les autorités religieuses demandent à l'architecte montréalais Jean-Omer Marchand, diplômé de l'École des Beaux-Arts de Paris, de réviser et d'approuver les plans de l'église. Il s'agit d'un des rares exemples de collaboration entre Marchand et les architectes saguenéens.

Source : Ville de Saguenay, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de l'Église-Saint-Matthieu liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- la présence d'une église et d'une maison curiale;
- sa situation en bordure de la voie publique, au centre d'un secteur institutionnel catholique comprenant également une école et un ancien couvent, dans l'ancien quartier ouvrier de Kénogami;
- les caractéristiques de l'église Saint-Matthieu, notamment son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle, les bas-côtés et le toit à deux versants, les matériaux, dont la couverture en tôle, le parement en granit rose ainsi que les éléments architecturaux en pierre de taille lisse et en bois, les caractéristiques de la façade, dont les tours-clochers latérales (surmontées d'une chambre des cloches carrée coiffée d'un toit en pavillon ainsi que d'une croix, percées de portes latérales, de fenêtres cintrées jumelées ainsi que d'étroites fenêtres rectangulaires et ornées de lésènes), le portique composé de colonnes et d'arcades cintrées et doté de trois portes à panneaux surmontées de tympans vitrés, la rose, les lésènes et la corniche moulurée, les caractéristiques des longs-pans et du choeur, dont les porches latéraux (coiffés d'un toit à croupes et percés de fenêtres cintrées ainsi que d'une porte surmontée d'un tympan vitré), les fenêtres cintrées (certaines jumelées), les appuis, les arcs décoratifs ainsi que la corniche moulurée, la sacristie greffée à l'abside dans le prolongement du choeur, dont le plan rectangulaire, la saillie latérale à pans coupés, l'élévation d'un étage, le toit à croupes couvert de tôle, la maçonnerie en granit rose, la porte surmontée d'un tympan vitré, les fenêtres cintrées, les fenêtres carrées, les soupiraux, les appuis, les arcs décoratifs ainsi que la corniche moulurée, le parvis en pierre et la souche de cheminée;
- les caractéristiques du presbytère, notamment son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de trois étages, le toit mansardé et les porches en saillie surmontés d'un balcon, les matériaux, dont le parement en granit rose, le parement en brique, la couverture en tôle ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en pierre et en fer, les ouvertures, dont la porte à double vantail surmontée d'un tympan vitré, les portes surmontées d'une imposte vitrée et encadrées de baies latérales, les fenêtres cintrées, les fenêtres rectangulaires, les lucarnes à pignon et les appuis, l'ornementation, dont l'encadrement de l'entrée principale en pierre de taille lisse, le bandeau ainsi que les garde-corps, l'annexe, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage, le toit en terrasse et le parement en brique, la souche de cheminée en brique et le chemin couvert.

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Informations historiques

Le site patrimonial de l'Église-Saint-Matthieu est situé dans l'ancien village de Kénogami, créé en 1912 par la compagnie Price Brothers. L'arpenteur Elzéar Boivin dresse le plan de cette ville industrielle érigée à proximité de l'usine de pâtes et papiers située en bordure de la rivière aux Sables. Le village se partage en deux quartiers : à l'est, celui des ouvriers, majoritairement de foi catholique, et à l'ouest, celui dit « des Anglais », où habitent les cadres de l'entreprise.

En 1912, un édifice servant à la fois de chapelle et d'école est érigé dans le quartier ouvrier, au coin des rues Cabot et Ozanne. Le premier curé résident, Joseph Lapointe, arrive l'année suivante. Une seconde école et un couvent sont ensuite bâtis à proximité du lieu de culte, créant ainsi un centre institutionnel catholique. La papeterie connaît une période de prospérité importante dans les années 1920 et l'usine est agrandie à deux reprises. La population de Kénogami augmente alors rapidement. En 1921, la paroisse Sainte-Famille est érigée canoniquement. Les autorités religieuses acquièrent les terrains adjacents à la chapelle pour la construction d'une église plus vaste.

En 1928, le curé Lapointe obtient l'autorisation de faire ériger un nouveau lieu de culte. La compagnie Price Brothers verse l'année suivante une somme d'argent pour la réalisation des travaux. L'architecte Alfred Lamontagne (1883-1967), qui réalise un grand nombre d'édifices de Kénogami, se joint aux architectes Armand Gravel (1895-1980) et Sylvio Brassard (1898-1975) pour dresser les plans de l'église. À la demande des autorités religieuses l'architecte montréalais Jean-Omer Marchand (1873-1936), formé à l'école des Beaux-Arts de Paris, les révise et les approuve. Les travaux sont réalisés par la compagnie Angers et Noël, à partir d'août 1929. L'édifice, faisant face à la rue Sainte-Famille, est terminé en mai 1931.

Quelques années plus tard, soit en 1947, la première chapelle en bois est démolie. De 1952 à 1953, un nouveau presbytère est érigé selon les plans de Sylvio Brassard par l'entrepreneur Roch Construction. La nouvelle maison curiale est reliée à l'église par un chemin couvert. Dans les années 1980, l'édifice est vendu et transformé en résidence pour personnes âgées. La sacristie de l'église accueille depuis les bureaux de la fabrique. En 1998, les paroisses Sainte-Famille et Sainte-Cécile fusionnent pour former la paroisse Saint-Matthieu. L'église de Sainte-Famille adopte, en 2001, le nom de la nouvelle paroisse.

Le site du patrimoine de l'Église-de-Saint-Matthieu est constitué en 2006. Ce bien est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Saguenay--Lac-Saint-Jean

MRC :

  • Saguenay

Municipalité :

  • Saguenay

Arrondissement municipal :

  • Jonquière

Latitude :

  • 48° 25' 30.4"

Longitude :

  • -71° 14' 21.4"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 412 731
  • Lot 2 412 732

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • CÔTÉ, Dany. Histoire de Kénogami : camériste de l'industrie, 1912-1975. Chicoutimi, Société historique du Saguenay, 2007. 159 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Jonquière, mémoires et lieux: Guide d'excursion et d'interprétation du patrimoine. Jonquière, Ministère de la culture et des communications, 1994. 103 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. « Les églises de Jonquière ». Saguenayensia. Vol. 39, no 4 (1997), p. 3-19.

Multimédias disponibles en ligne :

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