Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Drouin

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • 4700, chemin Royal (adresse avant novembre 2015)

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Sainte-Famille

Date :

  • vers 1729 – vers 1735 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Personnes associées (9)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

La maison Drouin est une résidence d'inspiration française érigée peu après 1729 et agrandie vers 1734. La demeure en pierre crépie présente un plan rectangulaire à un étage et demi. Le toit aigu à deux versants légèrement retroussés est surmonté d'une large souche de cheminée centrale et percé d'une lucarne à pignon. La maison Drouin s'élève sur un terrain au relief peu accusé et planté d'arbres matures. Elle est située en bordure de la voie publique, dans un secteur rural à vocation mixte, dans la municipalité de Sainte-Famille.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La maison Drouin est comprise dans le site patrimonial de l'Île-d'Orléans.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

1 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Bois

Saillies :

  • Cheminée
  • Galerie

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Toutes les façades : Pierre

Toit :

  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Bois, bardeaux

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif

Fenêtre(s) :

  • carrée, Fixe
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, Fixe

Lucarne(s) :

  • À pignon

Éléments architecturaux :

  • Chambranle

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2010-02-11
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec
 

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Valeur patrimoniale

La maison Drouin présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Elle est représentative de la maison rurale d'inspiration française. Ce type est issu de modèles et de savoir-faire français, adaptés aux conditions locales particulières, telles que le climat et la disponibilité des matériaux. La maison Drouin, érigée peu après 1729 et agrandie vers 1734, en est une illustration notamment par sa maçonnerie de pierre crépie, son faible dégagement par rapport au sol, son toit aigu à deux versants ainsi que par la distribution asymétrique de ses ouvertures peu nombreuses. En outre, la disposition centrale de la cheminée est une caractéristique rencontrée fréquemment dans la région de Québec et les régions avoisinantes, qui indique souvent un agrandissement longitudinal de l'habitation, comme c'est le cas pour la maison Drouin. Cette maison de ferme compte, de plus, parmi les plus anciens bâtiments du site patrimonial de l'Île-d'Orléans. La valeur architecturale de la maison Drouin repose aussi sur l'intégrité de son intérieur. Celui-ci a subi très peu de modifications depuis la construction et l'agrandissement de l'habitation. Quelques cloisons constituant de nouvelles pièces ont été ajoutées au fil des ans. Ainsi, une chambre à coucher a été aménagée dans une partie des combles au tournant du XIXe siècle. De petites pièces nommées « cabinets », qui feront fonction de chambres à coucher, et un salon apparaissent également au rez-de-chaussée au XIXe siècle. En 1946, un système électrique rudimentaire et quelques prises sont installés, mais la maison ne possède aucun équipement sanitaire. La maison Drouin constitue aujourd'hui l'une des rares habitations datant du Régime français dont l'aménagement intérieur présente l'essentiel de ses caractéristiques d'origine.

La maison Drouin présente aussi un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et ethnologique. L'aménagement intérieur ainsi que plusieurs éléments évoquent le mode de vie d'une famille d'agriculteurs aux XVIIIe et XIXe siècles. Le rez-de-chaussée est divisé par un mur de pierre qui définit deux zones d'habitation. La partie est, plus ancienne, comporte un foyer et un four à pain dont le tuyau de chaleur communique avec la cheminée. Ces éléments, répandus dans l'architecture domestique du XVIIIe siècle, indiquent l'utilisation de l'espace comme cuisine. L'existence d'une laiterie intérieure est signalée par une pièce fermée percée d'une petite fenêtre, située à l'extrémité est de la façade sud. Une trappe dans le plancher donnant accès à la cave et un escalier de meunier menant au grenier rappellent que ces deux espaces servaient à l'entreposage des denrées. Le salon, contigu à la cuisine, évoque l'aménagement d'aires de réception au XIXe siècle. Ces salles à usage restreint sont habituellement décorées avec soin. La chambre aménagée dans les combles illustre la transformation courante des greniers en espace habitable, généralement en chambre à coucher pour les enfants ou les adolescents, à cette époque. Cette pièce est habituellement condamnée durant l'hiver, puisque la toiture n'est pas isolée. Par ailleurs, l'habitation comporte des niches avec statuette. Par ces caractéristiques, l'intérieur de la maison Drouin illustre donc le mode de vie rural avant l'époque de l'industrialisation.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2010.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Drouin liés à ses valeurs architecturale, historique et ethnologique comprennent, notamment :
- sa situation en bordure de la voie publique, dans le site patrimonial de l'Île-d'Orléans;
- l'environnement rural à vocation mixte et le terrain planté d'arbres matures;
- la vue sur le fleuve Saint-Laurent;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi, le carré bas et peu dégagé du sol ainsi que le toit aigu à deux versants légèrement retroussés;
- les matériaux, dont la maçonnerie de moellons crépie, le pignon ouest lambrissé en bardeaux de cèdre et les éléments architecturaux et ornementaux en bois;
- les ouvertures peu nombreuses et disposées asymétriquement, dont les fenêtres rectangulaires à battants et à carreaux, la lucarne à pignon et les petites fenêtres carrées et à carreaux;
- la charpente du toit, dont les fermes à poinçon simple, les pannes, les demi-croix de Saint-André et les aisseliers ainsi que l'assemblage à tenons, mortaises et chevilles;
- la cheminée centrale en maçonnerie de pierres équarries;
- l'ornementation sobre, dont les appuis et les chambranles;
- l'âtre et son four à pain contigu ainsi que la laiterie dans la partie est;
- le mur de refend en pierre;
- les escaliers de meunier, ainsi que les trappes dans le plancher et au plafond;
- le salon aménagé dans la partie est;
- les cabinets du rez-de-chaussée et la chambre à coucher aménagée dans les combles dans la partie ouest;
- les cloisons de larges planches embouvetées et à rainure, les cloisons de lattes plâtrées;
- les planchers en larges planches, les poutres apparentes en bois équarri (plafond de la partie est), les poutres apparentes avec quart-de-rond (plafond de la partie ouest);
- les portes d'assemblage et de planches verticales barrées, les niches, les trappes grillagées et leur bouchon ainsi que la quincaillerie architecturale.

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Informations historiques

La maison Drouin s'élève sur une partie d'un lot concédé à René Baucher dit Morency (1646-1708) en 1666. Ce dernier en demeure propriétaire durant plusieurs années sans jamais s'y établir. À sa mort en 1708, son fils, Jacques Baucher (1676-1718), hérite du lot. Il le cède sept ans plus tard à Michel Balan dit Lacombe (1679-1736). En 1727, Marc-Antoine Canac dit Marquis (1661-1745), major de milice établi à Sainte-Famille, acquiert la terre afin d'y installer son fils François (1706-1779). C'est vraisemblablement ce dernier qui fait ériger le premier carré de la maison Drouin, correspondant à la partie est, peu après 1729.

À la suite d'un contrat d'échange entre François Canac et son frère Jean-Baptiste (1704-1757), ce dernier devient propriétaire du terrain et du bâtiment en 1734. Il agrandit probablement la demeure vers l'ouest la même année. Sa famille ainsi que ses descendants occupent la terre jusqu'en 1861.

Des cloisons intérieures seront ajoutées au fil des ans pour répondre aux besoins des occupants. Une chambre à coucher a été aménagée dans une partie des combles au tournant du XIXe siècle. De petites pièces nommées « cabinets », qui feront fonction de chambres à coucher, et un salon apparaissent également au rez-de-chaussée au XIXe siècle. C'est aussi vraisemblablement à cette époque que le toit est doté de larmiers légèrement retroussés.

En 1861, la terrain est morcelé et vendu à trois propriétaires différents. François Canac dit Marquis (1798-1877), arrière-arrière-petit-fils de Marc-Antoine Canac, acquiert la parcelle médiane et la résidence. Le bâtiment se trouve toutefois à cheval sur deux parcelles : la sienne et celle appartenant à Jean-Baptiste Lemelin.

François Canac demeure propriétaire de la maison jusqu'à sa vente à Élie Drouin (1828-1901) en 1872. Alors que celui-ci éprouve de graves difficultés financières, son fils Cyrille (1871-1946) acquiert l'essentiel du bien familial, dont la résidence, en 1899.

La maison passe ensuite aux mains du fils de Cyrille, Élie Drouin (1915-1990). En 1946, un système électrique rudimentaire et quelques prises sont installés. Élie Drouin la cède à sa soeur Maria (1909-1977) en 1949. Celle-ci y demeure avec son frère Cyrille (1906-1990), jusqu'à sa mort en 1977. Cyrille Drouin habite la résidence jusqu'en 1984. Après son décès en 1990 et celui de son frère survenu la même année, la succession entame le processus de vente et de régularisation des limites du lot. En 1996, l'immeuble est acquis par la fondation François-Lamy, qui la met en valeur et l'ouvre immédiatement au public. En 2001, d'importants travaux de restauration, comprenant la restauration d'une partie du mur sud-est et la réfection de la voûte du four à pain, sont entrepris. En 2003, la Fondation reconstitue une forge et des latrines derrière le bâtiment.

La maison Drouin est classée en 2010.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • L'Île-d'Orléans

Municipalité :

  • Sainte-Famille

Adresse :

  • 2958, chemin Royal

Latitude :

  • 47° 0' 6.847"

Longitude :

  • -70° 53' 59.554"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Québec Paroisse de Sainte-Famille Absent 14-1 ptie
15-2 ptie

Code Borden

CgEr-16      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • DESCHÊNES, Marie-Josée. « Maison Drouin. Renaissance d'une pionnière ». Continuité. No 142 (2014), p. 8-9.
  • ROMPRÉ, Jean et Henri-Paul THIBAULT. La maison Drouin de Sainte-Famille de l'île d'Orléans. Son histoire, la terre et ses occupants. s.l. 2006. 369 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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