Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Cathédrale Christ Church

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Christ Church Cathedral

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1857 – 1859 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Anglicanisme)

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Personnes associées (7)

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Carte

Description

La cathédrale Christ Church est un lieu de culte de tradition anglicane bâti entre 1857 et 1859. De style néogothique, l'église est construite selon les préceptes de la Camden Society de Cambridge. L'édifice en pierre adopte un plan cruciforme avec bas-côtés et se termine par un choeur à chevet plat. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits et une tour carrée surmontée d'une flèche marque la croisée du transept. La cathédrale Christ Church est située en bordure nord de la rue Sainte-Catherine Ouest, au centre-ville de Montréal, dans un secteur commercial dense de l'arrondissement municipal de Ville-Marie.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La maison chapitrale, qui est reliée à la cathédrale par un chemin couvert, est incluse dans le classement.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1988-05-12
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1999-01-01
 

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Valeur patrimoniale

La cathédrale Christ Church présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Les plans du temple sont l'oeuvre de l'architecte anglais Frank Wills (1822-1856). À la suite de son décès, son compatriote Thomas S. Scott (1826-1895) prend sa relève à la direction des travaux, en suivant les plans de Wills. La cathédrale est conforme aux principes architecturaux préconisés par la Camden Society, fondée à Cambridge en 1839, qui a influencé l'architecture religieuse anglicane pendant une cinquantaine d'années. La Camden Society prône le retour à une architecture qui s'apparente à celle des églises rurales anglaises du XIVe siècle en privilégiant l'utilisation du style gothique jugé le plus approprié pour l'expression de la foi chrétienne et le plus évocateur de la nation anglaise, le recours à des matériaux nobles et la sobriété dans l'ornementation. L'église dessinée par Wills se rattache à ce concept architectural par son volume modeste et son plan cruciforme à chevet plat, mais aussi par certains détails architecturaux, comme le revêtement de pierre, la flèche, les tourelles, les contreforts, les pinacles, le portail triptyque et les fenêtres à arc brisé. Pour construire la cathédrale montréalaise, Wills s'est inspiré de la Christ Church de Fredericton qu'il avait bâtie de 1846 à 1853 et de l'église St. Mary de Snettisham, en Angleterre, un édifice du XIVe siècle. Une annexe inspirée d'une maison chapitrale du Moyen Âge est reliée à l'église par un chemin couvert, ce qui constitue un ajout au plan de l'église de Fredericton. Érigée à l'époque où les préceptes de la Camden Society dictent la construction des églises anglicanes, la cathédrale de Montréal est l'une des premières du genre au Canada et un modèle pour d'autres lieux de culte au pays. Elle illustre le changement qui survient dans la construction des églises anglicanes au Canada au milieu du XIXe siècle.

La cathédrale Christ Church présente aussi un intérêt pour sa valeur artistique. L'intérieur reprend, tout comme l'extérieur, les détails privilégiés par la Camden Society : succession d'arcs brisés, colonnes octogonales à chapiteaux et piliers séparant la nef centrale des bas-côtés, charpentes apparentes, panneaux ouvragés, chevet plat percé d'une large et haute fenêtre à arc brisé garnie d'un vitrail comme le veut la tradition anglaise. Le plafond est composé de caissons décorés au pochoir représentant des symboles liturgiques et d'une charpente apparente. Les vitraux et le mobilier, tels les bancs, la tribune d'orgue, le retable, la chaire et les plaques commémoratives, sont des éléments importants du décor. Les deux chapelles aménagées en 1940 et l'orgue Karl Wilhem installé en 1980 complètent l'ensemble. L'aménagement intérieur de cette cathédrale la rattache à la Camden Society.

La cathédrale Christ Church présente également un intérêt pour sa valeur historique. Sa construction annonce l'expansion de Montréal au milieu XIXe siècle, alors que la ville est en voie de devenir la métropole du Canada. Plusieurs responsables de ce développement étaient d'ailleurs membres de la congrégation Christ Church et ont participé au choix de son emplacement. Ce choix tient compte du déplacement de la population anglophone vers l'ouest et du potentiel de croissance économique de ce secteur de la ville. Par sa présence, la cathédrale Christ Church témoigne de l'évolution de ce secteur de Montréal.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la cathédrale Christ Church liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- sa situation au coeur du centre-ville de Montréal, en bordure d'une rue importante;
- son espace distinctif, marqué par un aménagement paysagé et sa marge de recul exceptionnelle sur cette portion très commerciale de la rue Sainte-Catherine;
- ses caractéristiques associées au style néogothique, dont la tour carrée couronnée d'une flèche, les tourelles, les bas-côtés avec contreforts, les pinacles, le portail triptyque, les fenêtres à arc brisé ainsi que la maison chapitrale et son passage couvert;
- son volume, dont le plan cruciforme avec bas-côtés se terminant par un choeur à chevet plat;
- ses matériaux nobles, dont le revêtement de pierre, les portes de chêne et les vitraux;
- ses ouvertures, dont les fenêtres à arc brisé, la large fenêtre de l'abside et les oeils-de-b¿uf;
- son aménagement intérieur, dont la haute nef centrale, les bas-côtés, les chapelles, dont celle des enfants (Philipp Turner, 1940) et celle de saint Jean de Jérusalem (Percy E. Nobbs, 1940);
- les sept colonnes à chapiteaux inspirés de la flore locale et les piliers représentant les évangélistes séparant la nef des bas-côtés;
- le plafond à caissons décorés au pochoir représentant des symboles liturgiques (Percy E. Nobbs, 1906);
- la tribune d'orgue et l'orgue (Karl Wilhem, 1980);
- les nombreux vitraux;
- la table de communion en marbre rouge (Percy E. Nobbs, 1906), le retable en pierre de Caen (1923) portant les noms des disparus des deux guerres mondiales, les bancs, la chaire et les plaques commémoratives.

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Informations historiques

L'origine de la communauté anglicane de Montréal remonte à 1760, année où le révérend John Ogilvie (1724-1774), alors missionnaire auprès des Mohawks, est chargé de la communauté anglicane de Montréal. Peu nombreux à cette époque, les anglicans partagent les lieux de culte catholiques. Une première église Christ Church est construite rue Notre-Dame dans l'ancien centre-ville de Montréal entre 1805 et 1820, selon les plans de l'architecte William Berczy (1744-1813). Ce n'est qu'en 1850 qu'elle obtient le titre de cathédrale à la suite de la constitution du diocèse anglican de Montréal, avec Francis Fulford (1803-1868) comme premier évêque. Un monument lui est d'ailleurs dédié à proximité de l'église actuelle. La première église est détruite par un incendie en décembre 1856.

Un comité est vite formé par la congrégation afin de reconstruire le temple. L'emplacement choisi se situe à l'extérieur de l'ancien centre-ville de Montréal, surpeuplé et jugé trop commercial. C'est donc en milieu rural que se fera la nouvelle construction, un peu plus au nord et à l'ouest. Ce choix du comité tient également compte du déplacement de la population anglophone vers l'ouest et du grand potentiel de croissance économique de ce secteur de la ville.

C'est l'architecte anglais Frank Wills (1822-1857), recommandé par le révérend John Medley (1804-1892), évêque de Fredericton, qui est engagé pour réaliser les plans de la future église. Il privilégie le style néogothique, selon les préceptes de la Camden Society. Il choisit comme modèle la cathédrale Christ Church de Fredericton (1846-1853) qu'il vient de terminer et s'inspire également de l'église St. Mary de Snettisham, en Angleterre, construite au XIVe siècle. À la suite du décès de Wills en avril 1857, c'est l'architecte Thomas Seaton Scott (1826-1895) qui poursuit la construction en respectant fidèlement les plans initiaux.

En 1927, la flèche de pierre doit être démolie pour des raisons structurales. Elle est reconstruite en 1939-1940 par les architectes George A. Ross (1878-1946) et Robert H. MacDonald (1875-1942), qui respectent le modèle de Wills tout en choisissant l'acier et l'aluminium moulé imitant la pierre comme matériaux.

L'intérieur de la cathédrale, également de style néogothique, est réalisé en grande partie lors de la construction, mais quelques modifications lui sont apportées par la suite. La haute nef est séparée des bas-côtés par des colonnes avec chapiteaux représentant la flore locale. Les caissons décorés au pochoir de motifs liturgiques sont réalisés par l'architecte Percy E. Nobbs (1875-1964) en 1906. Nobbs conçoit la même année la table de communion en marbre rouge, puis en 1940 la chapelle saint Jean de Jérusalem. La même année, une chapelle pour enfants est aménagée par l'architecte Philip Turner (1876-1943). Un retable en pierre de Caen réalisé à Londres en 1923, où seront ensuite gravés les noms des disparus des deux guerres mondiales, et un orgue de Karl Wilhem (né en 1936) complètent l'essentiel du décor.

L'environnement immédiat de la cathédrale a subi de fortes pressions avec le développement du secteur, les terrains étant vivement convoités. L'îlot est complètement modifié entre 1985 et 1989 par la construction de la tour à bureaux Maison des Coopérants dans la partie nord de l'îlot et de la galerie marchande Place de la Cathédrale, sous le temple lui-même. Quelques bâtiments appartenant à la congrégation sont alors détruits. Subsistent, outre la cathédrale, l'ancien presbytère (aujourd'hui un restaurant) conçu par l'architecte John James Browne (1837-1893) en 1880, mais déplacé de son emplacement d'origine, le monument Fulford et la maison chapitrale. Un parc est situé entre la cathédrale et la tour. Deux édicules, en bordure de la rue, permettent l'accès au centre commercial.

La cathédrale Christ Church est classée en 1988.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • avenue Union
  • rue Sainte-Catherine Ouest

Latitude :

  • 45° 30' 13.597"

Longitude :

  • -73° 34' 12.794"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Cité de Montréal (quartier Saint-Antoine) Absent 1269-1

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Références

Notices bibliographiques :

  • ARCHAMBAULT, Diane. « Cathédrale Christ Church ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 81-83.
  • ARCHAMBAULT, Diane. Évolution architecturale de la Cathédrale Christ Church de Montréal. Montréal, Ministère des Affaires culturelles, Direction générale de Montréal, 1989. s.p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Communauté urbaine de Montréal. « Christ Church Cathedral ». Communauté urbaine de Montréal. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal - Les églises. Montréal, CUM - Service de la planification du territoire, 1981, s.p.
  • COOPER, John Irwin. « Fulford, Francis ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • HUCKER, Jacqueline. Rapports au feuilleton: Christ Church Cathedral. Vol. 1. s.l. Commission des lieux et monuments historiques du Canada, 1999. s.p.
  • MILLMAN, T. R. « Ogilvie, John ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 6. Montréal, Éditions du Méridien, 1995. 552 p.
  • ROBERT, Jacques. Évaluation patrimoniale de la Cathédrale Christ Church de Montréal. Montréal, Direction des affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1988. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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